L’invention de la radioDE LA TSF À L'INTERNET
Guglielmo Marconi
Très rapidement, la transmission par les ondes de la voix puis de la musique va changer la façon de propager l’information, les idées et les œuvres sonores. Ni la télé, ni l’internet n’ont réussi à faire disparaître les réseaux hertziens. Les trois vecteurs actuels ont manifestement vocation à être complémentaires.
En 1895, Guglielmo Marconi envoie un premier message radio sur une distance de 3 kilomètres. La TSF est née (Télégraphie Sans Fil, puis Téléphonie Sans Fil). En 1897, il réitère sur 7 kilomètres, en mai sur 14, en juillet sur 23, deux ans plus tard sur 130, enfin, en janvier 1901, sur 300. La première liaison transatlantique en continu ne date que de 1907.
D’un autre côté, le physicien serbo-croate, Nikola Tesla (1856-1943), invente son propre système radio en 1898 et fera même un procès en paternité à Marconi. Mais l’invention de ce dernier, breveté en avril 1900, ne sert qu’à envoyer des signaux en morse. Pendant ce temps en France, des ingénieurs installent un relais sur la tour Eiffel en 1903, audible sur 3 000 kilomètres à la ronde. Les relais sont toujours sur la vieille dame de fer.
Il faut attendre 1906 pour que la radio devienne celle que l’on connaît aujour-d’hui, avec l’invention de la lampe de l’Américain Lee de Forest (1873-1961). Cette innovation technologique permet de transmettre la voix et la musique. Comme cadeau pour la Noël 1906, quelques milliers d’Américains bricoleurs vont entendre la première émission musicale radiophonique. Il faut attendre 1910, avec l’apparition du poste à galène, pour que la radio se démocratise.
LES STATIONS ET LES ÉMISSIONS SE MULTIPLIENT
En Europe, la première émission radio de musique et de détente a lieu en Belgique en 1914. Mais l’expérience est arrêtée à cause de la guerre. Ce n’est qu’après 1918 que la France se met à la radio, tant pour informer que pour distraire. La première émission date de février 1922, depuis la première radio publique: le poste de la tour Eiffel. Quelques mois plus tard suivra la première radio privée, Radiola. Les stations privées, publiques et régionales vont se multiplier.
Durant la Seconde Guerre mondiale, on connaît l’importance de la guerre des ondes: «Ici Londres», «Radio Paris ment, Radio Paris est allemand»... À la Libé-ration, la radio est nationalisée, avec néanmoins l’existence de radios dites périphériques: Radio Luxembourg (RTL), Radio Monte-Carlo (RMC), Europe 1 (dont l’émetteur est en Sarre). Dans les années 1970 vient le temps des radios pirates. Il faut attendre 1981 pour que François Mitterrand légalise les radios libres. Au départ associatives, elles deviennent de plus en plus commerciales.
Avec l’arrivée de l’internet, les choses vont encore évoluer. Les internautes peuvent télécharger facilement de la musique. Mais ils se heurtent à la puissante industrie du disque, ainsi qu’à la SACEM (la société qui gère les droits d’auteur).
En septembre 2004, un jeune professeur a été condamné à une amende pour avoir téléchargé 614 disques sur le service gratuit peer-to-peer. Pourtant des centaines de milliers de jeunes ne se gênent plus pour pirater de la musique en toute impunité. Aujourd’hui est posé dans toute son ampleur le problème sous-jacent de toute création, de toute production: comment concilier la liberté de l’utilisateur du réseau et la possibilité pour les auteurs de vivre de leur art? Un conflit latent, accentué par un système où les investisseurs des grandes compagnies de l’industrie culturelle veulent avant tout rentabiliser leurs capitaux.
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Qu’est-ce que la propagande?

Qui est convaincu de la valeur de ses idées cherche logiquement à les faire partager, à les propager comme le semeur fait de ses graines pour qu’elles donnent naissance à la vie future.
Mais, depuis la Seconde Guerre mondiale et la PropagandaStaffel du Dr Goebbels, le mot «propagande» est entaché. Le mensonge est son fardeau. Déjà, le bourrage de crâne de la Grande Guerre avait fait des journaux les serviteurs de la raison d’État, qui voulait qu’une défaite militaire fût effacée ou maquillée en victoire éclatante de nos braves poilus.
La réclame aussi, dans les journaux imprimés ou parlés, a propagé l’idée selon laquelle le matraquage d’une marque la faisait vendre mieux, en laissant au second plan la qualité du produit. Puis est venue la pub, enfin la communication.
Cette industrie et ses dérivés ont pris une telle ampleur, occupent tant de place dans nos cerveaux pour y déverser du Coca-Cola, qu’on en arrive à oublier l’essentiel. Ce qui compte, c’est moins le procédé que le contenu de ce qui est publié. Qui pourrait dénier à quiconque le droit de faire savoir ce qu’il sait et ce qu’il pense, par les moyens de l’imprimerie, de la radio, de la télévision ou de l’internet? Les adversaires de l’opinion ainsi défendue la qualifieront de propagande. Il reste que faire circuler les idées et les informations est un droit, souvent un devoir, depuis la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.
Mais, finalement, la publicité, la communication, la réclame, le matraquage, le bourrage de crâne s’affichent avec des procédés si grossiers qu’ils ne trompent personne. Plus subtils sont les mille et un canaux de la pensée unique, de la pensée conforme, par lesquels se répandent les appels à la soumission devant l’horreur économique. Par là passent les diktats de l’actuelle propagande. Celle qui ne vise pas à faire savoir quoi que ce soit, celle qui veut faire croire.
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