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À quoi sert la Caisse des dépôts et consignations ?

, Clarisse Josselin

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By Moonik (Own work) [CC BY-SA 3.0], via Wikimedia Commons

L’institution financière publique a fêté son bicentenaire le 12 janvier dernier, en présence de François Hollande. Son champ d’intervention est particulièrement vaste, de missions d’intérêt général à la demande de l’État à des activités concurrentielles dans divers secteurs comme les loisirs.

Sécuriser l’épargne et les fonds

La Caisse des dépôts et consignations (CDC) est créée en 1816 pour rétablir la confiance du citoyen dans l’emprunt public. C’est un « coffre-fort » placé sous la garantie de l’autorité législative (cf. Repères). Elle veille au nom de l’État sur plusieurs fonds, comme les dépôts des notaires et des professions juridiques. Depuis 1837 elle centralise les fonds de l’épargne populaire (243 milliards d’euros en 2014). Elle gère également les retraites du secteur public et les fonds de protection sociale. C’est la banque du service public de la justice et de la Sécurité sociale.

Un financeur au service de l’intérêt général

Selon le code monétaire et financier, la CDC constitue « un groupe public au service de l’intérêt général et du développement économique du pays ». Elle mobilise les fonds d’épargne pour financer le logement social et la politique de la ville via des prêts à long terme (168 milliards d’euros en 2014). Le reste de ses ressources (94 milliards d’euros en 2014) est investi en actifs financiers pour rémunérer les épargnants et générer un revenu complémentaire.

Partenaire des investissements des collectivités locales, elle a contribué à la modernisation du pays : électrification des campagnes, lignes TGV... Le numérique et la transition écologique et énergétique figurent dans ses priorités actuelles.

Un investisseur institutionnel dans l’économie

La CDC est le premier investisseur institutionnel dans le capital des entreprises, notamment les PME, pour financer les secteurs d’avenir, l’innovation, l’économie sociale et solidaire et redynamiser les territoires. Elle intervient via la Banque publique d’investissement (BPIFrance), créée en 2013, dont elle détient 50 %. Une autre de ses filiales, CDC International Capital, créée en 2014, vise à attirer durablement les capitaux étrangers en France.

À partir de 1954, elle a créé des filiales spécialisées pour des missions « concurrentielles » répondant à des besoins spécifiques : l’immobilier (SNI, Icade), l’assurance (CNP Assurances), le tourisme (Belambra, Compagnie des Alpes), le transport (Transdev)…

Le bilan de sa section générale, qui gère le portefeuille de participations de l’établissement public, était de 129 milliards d’euros en 2014 (hors filiales).

Nouvelles missions

Lors de la célébration, François Hollande a rappelé l’intégration de l’Agence française de développement (AFD) par la CDC dès 2016 et son souhait de la création d’une nouvelle filiale dédiée à la rénovation thermique des bâtiments et d’une société foncière publique, cogérée par l’État. La CDC sera aussi gestionnaire du futur compte personnel d’activité (CPA). 


Repères : Une institution indépendante du gouvernement
Pour la « prémunir contre tout acte arbitraire éventuel du pouvoir exécutif » et garantir son indépendance vis-à-vis du gouvernement, la CDC est placée sous le contrôle du Parlement, via une commission de surveillance. Cette dernière, composée de treize membres dont cinq parlementaires, veille au respect des missions confiées à l’institution et vérifie ses comptes. Son président soumet son rapport annuel au Parlement pour approbation. Le directeur général de la CDC est lui nommé pour cinq ans par le président de la République.

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Éphéméride

22 octobre 1925

Mort d’Alphonse Merrheim
Article de Théodore Beregi paru dans Force Ouvrière n°87, daté du 28 août 1947. La classe ouvrière a donné des hommes qui se sont distingués par leur intelligence, leur intrépidité et leur volonté. Ces pionniers ont modifié la condition de vie des travailleurs par l’organisation de leurs forces (...)

Article de Théodore Beregi paru dans Force Ouvrière n°87, daté du 28 août 1947. 

La classe ouvrière a donné des hommes qui se sont distingués par leur intelligence, leur intrépidité et leur volonté. Ces pionniers ont modifié la condition de vie des travailleurs par l’organisation de leurs forces dispersées et en leur donnant une éducation syndicale et culturelle, Alphonse Merrhein, qui incarnait leurs aspirations, fut un de leurs guides. 

Sa vie et son activité sont inséparables de la destinée du prolétariat. Par ses qualités personnelles, Merrhein a apporté une importante contribution au développement du mouvement syndicaliste et dans l’histoire son nom est évoqué avec respect et gratitude. 

Il débuta très jeune dans la vie militante. Chaudronnier de son métier, à vingt ans il crée le syndicat de cette corporation et devient secrétaire de la Bourse du Travail à Roubaix. Très vite il se distingua par sa conscience syndicale, son ardeur et son esprit d’organisateur. Pendant quatorze ans, il se consacra au syndicalisme régional. Grâce à lui le mouvement syndicaliste du Nord fut plus fort et plus agissant.

Sa première œuvre, résultat des ses efforts, fut la fusion de la Fédération du cuivre avec celle de la Métallurgie qui constitue, en effet, une des plus belles activités de sa vie.

En 1904, devenu secrétaire de la Fédération des Métaux, Merrhein, pour servir les intérêts de la classe ouvrière, les éclairer et les guider dans leurs luttes revendicatives, publie en 1908 un essai critique sur la Métallurgie et l’organisation patronale : « Agir, dit-il, c’est vivre. Vivre, c’est lutter. Pour lutter il faut étudier et connaître les forces de l’adversaire. Cela est vrai surtout pour l’ouvrier s’il veut maintenir et augmenter son salaire, diminuer ses heures de travail. »

Ces quelques lignes démontrent à quel point Merrhein se souciait du sort des travailleurs. Il voulait rendre meilleure leur vie par des conditions matérielles plus justes et plus élevées qui leur permettraient de vivre plus dignement. 

Merrhein était aussi un pacifiste. En 1911, prévoyant le conflit mondial, il préconisa les rapports de plus en plus étroits entre les sections syndicales internationales en pensant que l’unité des travailleurs pouvait empêcher la conflagration universelle. Et lorsque la guerre éclata son humanisme pacifique ne se démentit pas. Il condamna vigoureusement la guerre avec la sincérité qui le caractérisait. Son premier soin fut de sauvegarder l’indépendance de la CGT, mais la crise apparut dans le mouvement syndicaliste, il eut cependant le courage de défendre ses opinions, ses convictions et de prendre sa responsabilité. 

En dépit des critiques véhémentes, il manifesta son opposition contre la guerre. Il écouta son cœur et sa raison et, sans égard pour lui, il mena, durant toute la guerre, une lutte acharnée pour la paix. 

Certes, la crise du syndicalisme l’avait profondément affecté, mais il ne modifia pas ses principes et ne renonça pas à son pacifisme. 

En 1917, au cours de la conférence de Clermont-Ferrand, il renouvela le principe de l’unité d’action. Et c’est au moment où la crise divise le mouvement syndicaliste que Merrhein pense de plus en plus à la reconstitution de l’unité ouvrière, dernier espoir pour la paix pour laquelle il a mené une activité enthousiaste. Bien que ses efforts pacifiques étaient jugés illusoires, il resta persuadé de l’utilité de son œuvre.

C’est au lendemain de la guerre que la classe ouvrière retrouve son unité temporaire, mais quelques années plus tard, les divergences d’idées et de méthode aboutirent à la scission du mouvement syndicaliste. Ce fut la dernière étape de sa vie militante. Malgré ces douloureux événements, il resta attaché indéfectiblement à sa foi syndicaliste. 

C’est de la révolution économique qui devait transformer le milieu social qu’il espérait le bien-être pour les travailleurs. 

Merrhein a donné quarante années de sa vie au syndicalisme français. Son mérite c’est d’avoir organisé des ouvriers sur des bases syndicales, enrayé la première crise en 1909 et lutté courageusement pour la paix, d’avoir travaillé pour une meilleure condition matérielle et sociale du prolétariat. 

Voilà la signification d’Alphonse Merrhein dans l’histoire du mouvement ouvrier. 

C’est pour servir la collectivité qu’il se perfectionna constamment et pour enrichir son savoir. 

Sensible, honnête et énergique, il est un magnifique exemple de persévérance et de foi syndicaliste.

 

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