Economie - FO Hebdo

Alerte : l’Ires existera-t-il toujours en 2017 ?

, Evelyne Salamero

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Le budget de l’Institut de recherches économiques et sociales va chuter de près de 16% cette année, du fait du désengagement de l’Etat. Pour la confédération FO, qui, à sa demande, sera reçue à Matignon le 16 mars sur cette question, c’est bien la survie de l’Ires qui est en jeu, et à très court terme.

L’Institut de recherches économiques et sociales a été créé en 1982 pour "répondre aux besoins exprimés par les organisations syndicales" dans ce domaine.

Le budget disponible chute de près de 16% cette année

Depuis 2010, la subvention que verse l’Etat à l’Ires diminue chaque année de 4 à 7%, soit une baisse de 23% au total. En 2016, la dégringolade est sans précédent. A la baisse de subvention annoncée de plus de 7%, vient s’ajouter l’obligation de constituer une réserve de précaution de 8%. Au total, la dotation publique disponible chute donc de près de 16 %.

Cela traduit une "accélération du processus", commente Pascal Pavageau. Un processus illustré également par la réduction d’année en année du nombre de chercheurs détachés par les différents ministères et surtout par le fait que jusqu’à présent le gouvernement a refusé de régler le problème.

Le nombre de chercheurs est passé de 35 en 2002 à 19 en 2016

Le nombre de chercheurs "mis à disposition" par l’État est ainsi passé de 9 en 2010 à 3 en 2016. Au total, le nombre de chercheurs (agents publics détachés et salariés sous contrat de droit privé) est passé de 35 en 2002 à 19 en 2016.

FO ne se satisfait pas non plus de la proposition du gouvernement de piocher dans le fonds de financement des organisations syndicales. "Cela n’a rien à voir. C’est un fonds paritaire abondé en partie par une contribution patronale. L’État se défausserait donc encore une fois en obligeant les interlocuteurs sociaux à financer eux mêmes l’Ires", commente Pascal Pavageau.

Autant de problèmes que FO entend bien remettre sur la table du cabinet du Premier ministre, indique le secrétaire confédéral, concluant : « la question aujourd’hui est bien de savoir si le gouvernement veut que l’Ires existe encore en 2017. C’est celle que nous poserons le 16 mars à Matignon ».

Les secrétaires généraux et présidents de l’ensemble des organisations syndicales constitutives de l’Ires, dont Jean-Claude Mailly pour la confédération FO, dans un courrier adressé le 3 mars au Premier ministre, font part de leur souhait d’"obtenir les assurances de la volonté du gouvernement de s’employer à assurer la pérennité de l’Institut" et de "mobiliser les moyens d’assurer (sa) survie".

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Evelyne Salamero

Journaliste - Rubrique internationale

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