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Alsace - Marché de Noël : aux origines...

, Michel Pourcelot

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Par Ville de Mulhouse — Photothèque libre de droits de la Ville de Mulhouse, CC0, Lien

L’Alsace fourmille de marchés de Noël pour la bonne raison que cette province fut la première à en organiser, une tradition moyenâgeuse partagée outre-Rhin et anciennement connue sous le nom de « marché de Saint-Nicolas ». Le marché de Noël a connu par la suite un renouveau, qui s’est étendu à tout le pays pour des raisons qui ont beaucoup à voir avec le commerce.

Sapins et amendes

Les marchés de Noël sont bien sûr très nombreux en Alsace. Celui de Strasbourg est le plus important, mais d’autres sont organisés à Colmar (ouvert tous les jours) ; Ungersheim (Noëls d’antan à l’Écomusée d’Alsace, avec veillées-spectacles, manège des années 1950, contes, ateliers participatifs, exposition...) ; Ribeauvillé (avec thème médiéval et vin blanc) ; Neuf-Brisach (exposants et figurants en costumes d’autrefois, anciens métiers, tavernes, sangliers à la broche...) ; Kayserberg ; Ottmarsheim... À Sélestat, où force animations sont prévues, on trouvera exposé un livre de compte de la ville datant de 1521 où figure la première mention d’arbres de Noël. Il indique les dépenses pour payer des gardes forestiers chargés de surveiller les arbres dans les forêts municipales, ainsi que le montant de l’amende infligée à quiconque coupera lesdits sapins de Noël. Non seulement ils représentaient pour l’Église la survivance d’un rite païen, mais de plus le bois était surexploité pour les besoins des mines et de la métallurgie. Mais ça c’était avant.

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Éphéméride

28 mai 1871

L’assassinat d’Eugène Varlin
Louise Michel décrit l’assassinat par les Versaillais d’Eugène Varlin qui est resté dans l’histoire du mouvement ouvrier, comme elle-même, le symbole du soulèvement populaire. « La Commune était morte, ensevelissant avec elle des milliers de héros inconnus. Ce dernier coup de canon à double charge (...)

Louise Michel décrit l’assassinat par les Versaillais d’Eugène Varlin qui est resté dans l’histoire du mouvement ouvrier, comme elle-même, le symbole du soulèvement populaire. 
« La Commune était morte, ensevelissant avec elle des milliers de héros inconnus. Ce dernier coup de canon à double charge énorme et lourd ! Nous sentions bien que c’était la fin ; mais tenaces comme on l’est dans la défaite, nous n’en convenions pas...
Ce même dimanche 28 mai, le maréchal Mac-Mahon fit afficher dans Paris désert : “Habitants de Paris, l’armée de la France est venue vous sauver ! Paris est délivré, nos soldats ont enlevé en quatre heures les dernières positions occupées par les insurgés. Aujourd’hui la lutte est terminée, l’ordre, le travail, la sécurité vont renaître”. Ce dimanche-là, du côté dela rue de Lafayette, fut arrêté Varlin : on lui lia les mains et son nom ayant attiré l’attention, il se trouva bientôt entouré par la foule étrange des mauvais jours. On le mit au milieu d’un piquet de soldats pour le conduire à la butte qui était l’abattoir. La foule grossissait, non pas celle que nous connaissions : houleuse, impressionnable, généreuse, mais la foule des défaites qui vient acclamer les vainqueurs et insulter les vaincus, la foule du vae victis éternel. La Commune était à terre, cette foule, elle, aidait aux égorgements. On allait d’abord fusiller Varlin près d’un mur, au pied des buttes, mais une voix s’écria : “il faut le promener encore” ; d’autres criaient : “allons rue des Rosiers”.
Les soldats et l’officier obéirent ; Varlin, toujours les mains liées, gravit les buttes, sous l’insulte, les cris, les coups ; il y avait environ deux mille de ces misérables ; il marchait sans faiblir, la tête haute, le fusil d’un soldat partit sans commandement et termina son supplice, les autres suivirent. Les soldats se précipitèrent pour l’achever, il était mort. Tout le Paris réactionnaire et badaud, celui qui se cache aux heures terribles, n’ayant plus rien à craindre vint voir le cadavre de Varlin. Mac Mahon, secouant sans cesse les huit cents et quelques cadavres qu’avait fait la Commune, légalisait aux yeux des aveugles la terreur et la mort. Vinoy, Ladmirault, Douay, Clinchamps, dirigeaient l’abattoir écartelant Paris, dit Lissagaray, à quatre commandements.
Combien eût été plus beau le bûcher qui, vivants, nous eût ensevelis, que cet immense charnier ! Combien de cendres semées aux quatre vents pour la liberté eussent moins terrifié les populations, que ces boucheries humaines ! Il fallait aux vieillards de Versailles ce bain de sang pour réchauffer leurs vieux corps tremblants. »

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