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Brésil – un pays en pleine tourmente sociale et politique

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Par Agência Brasil — CC BY 3.0 br

La colère gronde au Brésil alors que le Président Temer multiplie les réformes libérales dans un contexte d’incertitudes et d’instabilités. Après avoir mené à terme des mesures d’austérité fortement critiquées dans un contexte de récession économique dès octobre 2016 avec l’amendement constitutionnel PEC241 gelant les dépenses publiques pendant 20 ans et entraînant l’arrêt de l’augmentation réelle des salaires des fonctionnaires publics et du salaire minimum, le Président Temer s’est ensuite attaqué au système de prévoyance sociale avec son amendement constitutionnel PEC87 en mars dernier – entraînant une forte mobilisation des travailleurs brésiliens à l’appel des syndicats et notamment de la CUT.

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Mais le président Temer est allé encore plus loin dernièrement en s’en prenant au Code du travail et aux retraites : il souhaite ainsi développer la tertiarisation du travail, faire reculer l’âge de départ à la retraite ou encore annuler les principaux droits syndicaux et démocratiques des travailleurs. Face à cette offensive destinée à satisfaire les investisseurs et les employeurs dans un contexte économique difficile, le peuple brésilien a démontré sa force en se mobilisant massivement dans les rues à plusieurs reprises à l’image de la grève générale historique du 28 avril 2017 dans l’ensemble des grandes villes brésiliennes réunissant près de 40 millions de personnes selon les syndicats contre la politique de Temer.

Le contexte social tendu est le reflet d’une société brésilienne affectée par une corruption en plus haut-lieu, notamment révélée par l’opération Lava Jato, une enquête de la police fédérale dévoilant une affaire de corruption et de blanchiment d’argent impliquant la société pétrolière publique Petrobras et de nombreux politiques. Après la destitution de l’ancienne présidente Dilma Rousseff, accusée d’avoir masqué la réalité du déficit budgétaire afin d’assurer sa réélection en 2014, la situation ne s’est pas apaisée avec la nomination de son vice-président, Michel Temer, comme nouveau président par intérim jusqu’aux prochaines élections présidentielle et législatives fin 2018.

En effet, le président Temer est sous le coup d’une enquête pour corruption et entrave à la justice. Il fait l’objet de nouvelles révélations avec un enregistrement compromettant dans lequel il donnerait son aval à un chef d’entreprise pour verser des pots-devin destinés in fine à acheter le silence de l’ancien président de la Chambre des députés, emprisonné dans le cadre du scandale Petrobras. Le président Temer dément toute implication et exhorte la Cour Suprême du Brésil à suspendre l’enquête à son encontre, excluant toute démission malgré la colère des brésiliens qui continuent à se mobiliser dans les rues.

Force Ouvrière, soutient les travailleurs brésiliens dans leur lutte pour la préservation de leurs droits et salue la force mobilisatrice des organisations syndicales brésiliennes comme la CUT qui multiplie les actions à succès à travers tout le pays depuis de nombreux mois et exerce une pression nécessaire pour faire face à des réformes néolibérales synonymes de régression, de précarité et d’inégalités.

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