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Ces livres que vous ne lirez jamais

, Corinne Kefes

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Au paradis des manuscrits refusés, Irving Finkel JC Lattès, 318p, 19 €

Au fin fond de la campagne anglaise existe un lieu curieux : la bibliothèque des refusés. Elle a pour vocation de recevoir toutes les productions littéraires et musicales dûment refusées par le monde de l’édition. Un endroit bien singulier, tout comme l’ensemble du livre d’ailleurs, qui fait la part belle aux péripéties loufoques, voire absurdes, dans un humour anglais très pince-sans-rire.

Car tout paraît incongru dans cette bibliothèque : pas de catalogue, une ouverture vers l’extérieur réduite, un effet de démesure entre le travail fourni, les soins pris, les questionnements soulevés et la finalité de toute cette activité. Car l’enjeu est de faire connaître sans rendre public, de produire sans publier. Et le comble, c’est que personne ne semble dupe d’avoir une « non-carrière débordante d’activités stériles ».

Ce livre est un hymne aux productions humaines, quels qu’en soient la nature ou le talent, et une réflexion sur le monde de l’édition dont les choix questionnent parfois quant à la valeur accordée à l’œuvre éditée.

Finalement, cette bibliothèque qui veut sauvegarder des textes recalés ne fait que les mettre dans une boîte un peu plus grande : ils resteront inédits à tout jamais. La fin du roman conclut l’histoire en toute logique : la bibliothèque des refusés ne fait pas allusion aux ouvrages qu’elle reçoit mais aux importuns qui se risquent à vouloir la fréquenter. 

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Début du génocide arménien, avec l’arrestation et l’assassinat de 600 notables à Constantinople. Les soldats arméniens sous l’uniforme turc sont désarmés, envoyés aux travaux forcés puis fusillés. En un peu plus d’un an, près d’un million (entre 800 000 et 1 250 000) d’Arméniens périssent, soit presque la (...)

Début du génocide arménien, avec l’arrestation et l’assassinat de 600 notables à Constantinople. Les soldats arméniens sous l’uniforme turc sont désarmés, envoyés aux travaux forcés puis fusillés. En un peu plus d’un an, près d’un million (entre 800 000 et 1 250 000) d’Arméniens périssent, soit presque la moitié de la population arménienne ottomane. Les Turcs s’accordent à reconnaître un maximum de 300 000 victimes, mais refusent d’y voir une extermination planifiée et donc un génocide.