Emploi et Salaires

Chantier naval de Saint-Nazaire, une délégation de FO reçue à Bercy

, Mathieu Lapprand

Recommander cette page

JPEG - 246.5 ko
Une délégation FO composée notamment (de gauche à droite) de Claude Arnau (Syndicat des Métaux de Saint Nazaire), Nathalie Durand-Prinborgne (FO STX), et Michel Le Roch (Secrétaire de l’Union départementale de Loire-Atlantique) étaient reçus au ministère des Finances à Paris, le 11 octobre 2016. Photo : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

Depuis fin août 2016, la vente annoncée du chantier naval de Saint-Nazaire par le groupe STX, en grande difficulté financière, inquiète les salariés et représentants du personnels. Carnet de commande plein, technologies de pointe, la bonne santé du chantier de Saint-Nazaire pourrait attiser les convoitises de concurrents ou de fonds à l’affut d’un coup financier.

Avant même l’annonce de la mise en vente des chantiers navals (voir nos articles du 25 août et du 13 septembre) début septembre, FO avait demandé à être reçu par le gouvernement afin que L’État, actionnaire à hauteur de 33% de STX Europe, assume ses responsabilités et pérennise le site et son activité florissante. Une délégation composée de Nathalie Durand-Prinborgne, secrétaire de la section FO de STX France, Michel Le Roch, secrétaire de l’UD FO 44, Claude Arnau secrétaire du syndicat des Métaux de Saint Nazaire et Eric Keller responsable du secteur naval de la fédération FO Métaux a enfin rencontré plusieurs conseillers du Secrétaire d’état à l’Industrie, du ministère de l’Économie et du ministère du Travail.

Depuis quelques jours, les évènements s’accélèrent. Un article de Libération du 10 octobre révélait que la Cour centrale du district de Séoul souhaitait contraindre STX à céder l’ensemble de ses activités et non plus sa seule filiale STX Europe. Cette décision réduirait le nombre de repreneurs potentiels mais le risque de transfert technologique voire d’activité persisterait tant la bonne santé des chantiers de Saint-Nazaire fait figure d’exception dans un secteur structurellement en difficulté depuis la crise financière de 2008.

Les leviers de L’État actionnaire

Or le gouvernement dispose de plusieurs leviers pour assurer l’avenir de ce chantier. D’une part sa minorité de blocage, l’état étant actionnaire à hauteur de 33% de la filiale mais le gouvernement peut également utiliser son droit de veto si le repreneur potentiel ne lui convenait pas (le « décret Montebourg » concernant les investissements étrangers en France et qui doit protéger les entreprises considérées comme « stratégiques »).

Interrogé lors des question à l’Assemblée Nationale le 11 octobre, le Premier Ministre a affirmé « nous veillerons à ce que les nouveaux actionnaires puissent fournir les investissements nécessaires non seulement à la préservation de l’emploi mais d’abord au développement des chantiers ». Faisant un parallèle avec un dossier récent, il a par ailleurs rappelé « Dans ce dossier comme dans d’autres, l’État actionnaire jouera pleinement son rôle de stratège, comme nous l’avons fait pour Alstom, nous ferons pour STX ».

FO maintient sa revendication de nationalisation

Si ces propos ont été confirmés par les conseillers ministériels, les représentants syndicaux ont notamment rappelé le précédent de General Electrics qui s’était engagé à créer 1 000 postes lors du rachat d’Alstom mais a annoncé vouloir en supprimer 765 en France en janvier dernier... Les engagements que L’État peut demander à des actionnaires ont donc leur limite. C’est pourquoi FO a maintenu et réitéré sa revendication d’une nationalisation voire a minima du passage d’une minorité de blocage à une majorité de contrôle.

Nathalie Durand-Prinborgne ajoute que la délégation gouvernementale a réaffirmé que « quels que soient le ou les nouveaux actionnaires de STX France, L’État conservera sa minorité de blocage de 33%. » En outre la délégation a également confirmé que le choix d’une vente globale ou par lot ne sera pas tranché par la justice coréenne avant plusieurs mois. Pour les 2 600 salariés du site et les 4 000 emplois induits à Saint-Nazaire, ce n’est donc que le début d’une longue partie de poker menteur.