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Cinéma, théâtre : Quelle représentation du monde du travail ?

, Françoise Lambert

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Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

Le monde du travail était très représenté dans le cinéma jusqu’à la fin des années 1950 (Les Temps modernes, La Bête humaine...), puis il s’est fait rare à l’arrivée de La Nouvelle Vague.

Si le travail fait un retour sur le grand écran depuis les années 2000, peu de films en témoignent, reconnaît Stéphane Brizé. Lui-même n’a réalisé qu’un seul film sur le sujet, La Loi du marché, en 2015.

Peu d’ouvriers sur le grand écran

Les ouvriers sont peu représentés au cinéma, constate aussi Robert Guédiguian. Ou ils y sont caricaturés : l’ivrogne, l’ouvrier qui vote FN, des comédies où les travailleurs sont gentils mais cons. Des films violemment antipopulaires et idéologiquement dangereux, dénonce le cinéaste. Un début d’explication : L’art a toujours eu à voir avec la commande, hier avec les princes, aujourd’hui avec les puissances de l’argent, l’industrie culturelle. 

« Un embourgeoisement terrible du théâtre public »

Pour Bruno Lajara, auteur et metteur en scène de théâtre, on doit se réapproprier les moyens de production. Celui qui a choisi de rendre la parole à ceux qui ne l’ont plus, constate une forme d’autocensure.

Son projet sur la catastrophe du Rana Plaza, au Bangladesh, a parfois eu du mal à trouver une salle. Christian Schiaretti, metteur en scène et directeur du Théâtre national populaire de Villeurbanne, pointe un embourgeoisement terrible du théâtre public.

C’est le public qui est subventionné dans le théâtre, rappelle-t-il, aller au théâtre est un acte militant et pas consumériste.

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Françoise Lambert

Journaliste FO Hebdo - Santé - Retraite

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20 octobre 1876

Le congrès de la salle de la rue d’Arras
Sept ans après la constitution de la Chambre fédérale des sociétés ouvrières de Paris, huit ans avant la loi Waldeck Rousseau autorisant les syndicats, une étape très importante dans la formation du mouvement syndical moderne. Les ouvriers se remettent doucement de la tragédie de la Commune. En 1872, (...)

Sept ans après la constitution de la Chambre fédérale des sociétés ouvrières de Paris, huit ans avant la loi Waldeck Rousseau autorisant les syndicats, une étape très importante dans la formation du mouvement syndical moderne.

Les ouvriers se remettent doucement de la tragédie de la Commune. En 1872, le gouvernement dissout la Chambre fédérale des sociétés ouvrières de Paris. Un an plus tard, une restauration monarchiste échoue de très peu. Mais aux élections législatives de février-mars 1876, royalistes et bonapartistes n’obtiennent que 155 sièges contre 360 aux républicains. Or, ces derniers ne sont pas hostiles au mouvement ouvrier. Les travailleurs de Besançon en profitent et créent le premier syndicat de l’horlogerie en 1876, en liaison avec le puissant mouvement suisse.

C’est dans ce contexte qu’a lieu le congrès de la salle d’Arras, à Paris, le 20 octobre 1876. Les chambres syndicales parisiennes réussissent à organiser un congrès réunissant 360 délégués dont 255 de Paris. D’entrée le Comité d’initiative se démarque du politique. Il déclare, avec des accents qu’on qualifierait aujourd’hui d’ouvriéristes : « Tous les systèmes, toutes les utopies que l’on a reprochés aux travailleurs ne sont jamais venus d’eux. Tous émanaient de bourgeois, bien intentionnés sans doute, mais qui allaient chercher les remèdes à nos maux dans des idées et des élucubrations, au lieu de prendre conscience de nos besoins et de la réalité ».

Le congrès réclame la liberté de réunion et d’association, le droit au travail, un salaire décent et les assurances chômage, vieillesse et maladie. Il affirme sa volonté d’indépendance vis-à-vis de l’État, des partis et de l’idéologie socialiste pour se pencher sur l’étude pratique des revendications citées en introduction par le Comité d’initiative. Il est remarquable que, durant la réunion, seuls les ouvriers eurent le droit de s’exprimer. Ce congrès, où se côtoient des mutualistes, des coopérateurs et des syndicalistes, est, à sa manière, un pas vers la construction du syndicalisme autonome.

Les communards socialistes en exil, par la plume d’Édouard Vaillant, critiquent violemment cette autonomie d’action, traitant les délégués de « syndicaux de formation versaillaise, auxiliaires et point d’appui du monde bourgeois ». Cette forme d’indépendance syndicale dérange, dans les rangs des militants marxistes comme Vaillant et Chabert. En revanche, proudhoniens et positivistes résistent à la propagande politique. Les collectivistes repassent à l’offensive lors du troisième congrès de Marseille en octobre 1879. Ils réussissent à faire voter un texte demandant « la collectivité du sol, du sous-sol, des instruments de travail et des matières premières ». Ils tentent, sans succès, d’affirmer la primauté du politique sur le social. Leur but ultime : la création d’un parti des travailleurs. Mais le syndicalisme français résista à cette tendance, contrairement à ses homologues allemands, belges et hollandais.

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