Agir pour et avec les jeunes

Conclusion

, FO Jeunes

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"Dérive"

Les difficultés que rencontrent les jeunes trouvent deux
origines : la crise de l’emploi et la dérégulation du droit du travail.

- L’emploi des jeunes –comme des séniors– c’est une évidence, pâtit avant tout du chômage global élevé.
- La dérégulation, elle, consiste à supprimer des protections. Elle facilite les abus et entraîne une augmentation de la précarité, particulièrement en temps de crise.

"Bouclez votre ceinture !"

Réglementer, c’est parfois contraindre, c’est vrai. Mais c’est surtout protéger. Relancer notre économie ou accélérer sans ceinture de sécurité, c’est s’exposer à une catastrophe en cas d’accident. C’est ainsi qu’à la place du mort, sans ceinture, les jeunes ont fini dans le parebrise lorsque la France a percuté la crise de 2008.

Toute politique, tout nouveau dispositif sur le marché du travail doit avant tout être étudié à la hauteur des dérives qu’il permet et pas seulement de ses bénéfices à court terme. La concurrence et le principe d’offre et de demande encouragent d’une part à exploiter les moindres carences dont souffrirait la réglementation dans un objectif de réduction des coûts et exposent d’autre part les travailleurs –en situation de faiblesse dans un contexte de chômage élevé– aux exigences des employeurs.

Le code du travail n’a d’égal dans sa complexité que l’inventivité des Hommes à le contourner.

"Redorer l’emploi salarié"

Être jeune et sur le marché de l’emploi aujourd’hui, c’est être, pour bon nombre d’entre nous, précaire, surqualifié, peu reconnu dans un travail qui manque parfois de sens, avec peu de perspectives, et dont le seul horizon n’est pas la retraite, mais le chômage à 50 ans. Comment dans ces conditions prendre plaisir dans son travail, s’épanouir, être motivé au quotidien ? Cette démotivation n’impacte pas nécessairement le travail et l’atteinte des objectifs, mais entraîne la perte de ce petit plus, cet engagement supplémentaire, qui construit un esprit de groupe, un effet d’entraînement général, qui rend une équipe de football imbattable lorsqu’il est là ou décevante quand il fait défaut.

L’employeur crée l’entreprise. Le travailleur, lui, crée son poste. C’est lui qui l’adapte au plus près des missions qui lui sont confiées, et lui ôter cette liberté, cette souplesse, c’est perdre ce facteur humain sans lequel tout système devient automatique, absurde et rigide, incapable de s’adapter aux imprévus.

L’entreprenariat est glorifié et le salariat quasi-honni. Il est faux de penser que les jeunes ne veulent pas entreprendre. L’omniprésence médiatique de réussites personnelles chiffrées en millions voire milliards, relègue le travailleur salarié « lambda » au rang d’assisté. De plus, l’exemple de quelques « partis de rien » sert d’alibi à une élite construite sur l’héritage, bien installée, et berce d’illusions une population droguée à « l’American dream ».C’est ainsi qu’au nom du « ça pourrait bien m’arriver », l’individualisme se développe et les structures solidaires s’effritent. La plus belle ruse du capitalisme n’est pas de nous faire croire qu’il n’existe pas, mais plutôt qu’il peut profiter à chacun.

Il est désormais urgent de revaloriser l’emploi salarié, dans le droit, la rémunération, le libre choix du travailleur, mais aussi dans les mentalités, la culture et l’image au quotidien. Et cela passe par le langage.

"Les gros mots"

Le vocabulaire devenu dominant à propos du travail révèle la déshumanisation des rapports sociaux : marché du travail, coût du travail, charges sociales, compétitivité, etc. Le travailleur est assimilé à un « poids » dont les droits « freinent » l’économie quand l’employeur est lui un « entrepreneur », un « créateur d’emplois », un « visionnaire » dont les droits, pris au détriment des autres, seraient générateurs de croissance ! On ne parle plus de « plan de licenciement » mais ironiquement de « sauvegarde de l’emploi » !

Il est temps de rétablir l’équilibre ! FO Jeunes rejette cette banalisation du discours comptable, capitaliste et antisocial et rappelle que ce que le patronat et les gouvernements successifs appellent « coût du travail » est avant tout –et doit rester– une norme sociale synonyme de progrès. Ce qu’ils nomment des « charges » sociales sont, dans la loi, des cotisations qui organisent la solidarité citoyenne. Ce qu’ils appellent « compétitivité » n’est qu’une course à celui qui dégradera le plus le droit du travail et les droits sociaux.

"L’emploi n’est pas une fin, le bien-être si !"

Se fixer pour seul objectif l’emploi et la fin du chômage, c’est penser que la raison de ralentir est dans le dos-d’âne lui-même. Le but, c’est le bien-être, l’emploi un moyen. Pour permettre d’atteindre le bien-être, l’emploi ne doit pas être précaire, il doit être librement choisi, ménager suffisamment de temps libre –parce qu’il n’y a pas que l’emploi– être correctement rémunéré –justement pour jouir de ce temps libre–, se loger décemment, se nourrir, etc.

Aujourd’hui, pour nous, à voir nos parents et grands-parents, le bien-être, c’est pour la retraite. Et on se sent comme des auto-stoppeurs : dépendants du premier tacot déglingué qui voudra bien nous embarquer pour un trajet ponctué de pannes et dont la ligne d’arrivée est régulièrement reculée alors même que la voiture se met à fumer.

Chaque réforme est « la dernière » et consiste à appliquer la même recette que la précédente : reporter le droit de partir à la retraite, soit en repoussant l’âge minimum, soit en augmentant le nombre d’annuités nécessaires. Et ça ne marche jamais, si bien que notre génération commence à croire qu’elle n’aura jamais de retraite. Et nous prendre comme alibi pour justifier ces réformes n’y change rien.

Dans un marché du travail caractérisé par le chômage élevé, nous avons l’impression qu’on nous oblige à travailler plus tard tout en nous empêchant de travailler maintenant.

Nous arrivons donc à la conclusion que ces réformes se font sur notre dos, que le gouvernement français préfère maintenir les jeunes au chômage –ce qui ne coûte rien puisque nous n’avons pas le droit au RSA– plutôt que de payer des retraites.

"Notre espoir ne vous regarde pas !"

Le maître mot des beaux discours, c’est l’espoir, qu’il faut apparemment redonner aux jeunes. FO Jeunes a une proposition : donnez-nous des droits, on gérera nous-même notre espoir. « Jeunes » ne signifie pas que nous croyons encore aux contes de fée. Il faut arrêter de nous parler de l’apprentissage, des stages ou autre, comme de solutions miracles pour l’emploi. Personne n’y croit. S’il y a une constante dans le capitalisme, c’est que tout se paie. On ne créera pas d’emploi gratuitement, on n’améliorera pas la formation des jeunes sans mettre de l’argent dans les établissements d’enseignement, qu’ils soient primaires, secondaires ou supérieurs, on n’améliorera pas le service public en réduisant le nombre de fonctionnaires, etc. Bref, le pipeau sur fond d’austérité ça sonne faux. Et cette rengaine, qui fait mal aux oreilles, qui prend les travailleurs pour des idiots, elle, crée du désespoir.

"CDD syndiqué : bonjour chômage !"

Lorsque les discours prennent le pas sur les actes, lorsque le progrès patine, lorsque les inégalités s’accroissent et les droits s’érodent, il est nécessaire que tous nous défendions ensemble nos intérêts. Et travailleurs, nous sommes seuls capables de le faire, pour et par nous-même. On n’est jamais mieux servi que par soi-même ! Dans certains pays, les syndicalistes sont licenciés, voire assassinés. En France, bien entendu, nous n’atteignons pas ces extrêmes inacceptables, mais le jeune syndicaliste français en CDD n’est pas renouvelé et pour les chanceux en CDI, c’est l’augmentation et la promotion qui passent à la trappe. Encore aujourd’hui et même en France, le syndicalisme peut être lourd de conséquences !

Pour autant, les jeunes sont volontaires, et lorsqu’ils en ont la possibilité, ils s’engagent, avec la même ferveur que leurs aînés et la conscience des droits acquis et la nécessité, aujourd’hui, de les défendre. FO Jeunes est là pour porter les revendications prioritaires pour la jeunesse.

Ce cahier revendicatif c’est le cri d’alarme d’une jeunesse qui refuse le déclin.

Ce cahier revendicatif concerne tous les travailleurs.

Ce cahier revendicatif doit être défendu par tous les travailleurs.

Tous les jeunes ont leur place au sein de Force Ouvrière, seul syndicat qui œuvre pour les travailleurs, jeunes et moins jeunes, sans allégeance ni dogmatisme, libre et indépendant !

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