Agir pour et avec les jeunes

Contrats et dispositifs d’insertion à destination des jeunes

, FO Jeunes

Recommander cette page

De nombreux contrats et dispositifs ont été créés pour faciliter la transition vers l’emploi, aider les jeunes à trouver un premier emploi et acquérir une expérience professionnelle, prendre un nouveau départ et accéder à une formation, etc.

Cette multitude de dispositifs est communément appelée « mille-feuille », traduisant par là un certain désarroi des acteurs et professionnels de l’emploi face à cette variété d’options qui semblent parfois similaires. Toutefois, soyons prudents avec l’histoire et les adaptations qu’elle a engendrées, au lieu de superposition, certains dispositifs s’avèrent complémentaires. C’est le cas des Contrats Uniques d’Insertion – Contrat d’Accompagnement dans l’Emploi (CUI-CAE) dont les bénéficiaires sont, crise de l’emploi généralisée oblige, majoritairement diplômés (37,5% ont au moins le baccalauréat, 14% n’ont pas de diplôme) [1] et les Emplois d’Avenir, contrat du même type (même structure juridique), mais réservé aux jeunes sans diplômes.

En période de crise de l’emploi, ces contrats sont devenus indispensables pour nombre de jeunes exclus du monde du travail faute de diplôme, suite à un départ prématuré du système scolaire comme évoqué ci-dessus. Au dernier trimestre 2013, 47,9% des 16-25 sans diplôme en emploi étaient en contrat aidé [2].

Les contrats aidés sont-ils précaires ? 35% des CUI-CIE (Contrats Unique d’Insertion – Contrat d’Insertion dans l’Emploi) sont des CDD [3], la durée moyenne d’un CUI-CAE était de 6,8 mois en 2012 [4]. Pour autant, dans le cadre des CUI-CAE et des Emplois d’Avenir dans le secteur public, l’embauche en CDI n’est pas possible sans concours. De plus, l’objectif de première expérience professionnelle et l’obligation de formation inhérente à ces contrats suppose un roulement des bénéficiaires pour que la mesure profite au plus grand nombre. Les contrats aidés sont ainsi plus des contrats de transition vers l’emploi « normal » que des emplois à part entière, durables et pérennes.

De fait, ces dispositifs ne sauraient répondre seuls à la crise de l’emploi et surtout s’articulent fortement avec les dispositifs de raccrochage scolaire. L’analyse qui doit en être faite et les revendications en découlant doivent porter sur l’atteinte des objectifs, le ciblage des mesures, leur complémentarité et enfin, si nous nous accordons sur la durée déterminée d’un tel dispositif, la transition vers un CDI. Un encadrement strict et une surveillance du respect des objectifs, notamment de formation avec certification, doit permettre de limiter les effets d’aubaines, courants pour ce type de contrat [5].

Enfin, un équilibre doit être trouvé entre ciblage d’une population et effet de seuil. C’est ce que la complémentarité des dispositifs doit permettre d’éviter en couvrant l’ensemble des travailleurs sans emploi avec des solutions adaptées à chaque sous-population (sans diplômes, diplômés, moins de 25 ans, plus de 25 ans, chômeurs de longue durée, etc.).

Une réforme du « mille-feuille » évoqué plus haut est en cours et fera l’objet de la mise en œuvre de la « Garantie pour la Jeunesse », incitation de l’Union Européenne aux États-membres à garantir à tout jeune en recherche d’emploi un accompagnement de meilleure qualité et l’assurance d’obtenir un emploi, une formation ou un stage dans un délai maximum de quatre mois.

La France propose pour cela une meilleure coordination des dispositifs et des acteurs de l’emploi des jeunes, depuis la formation initiale jusqu’à l’accès à l’emploi durable.

Notes

[1Dares. (2014). Les contrats d’aide à l’emploi en 2012.

[2Dares. (Mai 2014). Tableau de bord Activité des jeunes et politiques de l’emploi.

[3Op. Cit. (Dares, 2014).

[4Ibid.

[5Op. Cit. (Cour des Comptes, Octobre 2011).