Portraits - FO Hebdo

Défendre la notion de service public

, Clarisse Josselin

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À gauche François Mogeon, à droite Cyrille Mathivet.

François Mogeon et Cyrille Mathivet, 56 ans tous les deux, sont respectivement professeur détaché et réalisateur audiovisuel au Centre national d’éducation à distance (CNED) de Grenoble et élus au CHSCT central. Ils déplorent la dérive commerciale de l’établissement.

En 1995 j’étais le premier militant FO au CNED, puis Cyrille m’a rejoint et maintenant on pèse face à la direction et aux syndicats majoritaires, se réjouit François. On a une bonne équipe au siège à Poitiers, des représentants dans toutes les instances depuis 2014, et on espère encore progresser en 2018. François est élu au comité technique d’établissement, Cyrille est secrétaire du CHSCT du site de Grenoble. Tous deux apprécient l’indépendance et la liberté de parole au sein de FO.

Ils dénoncent la perte de la notion de service public au sein du CNED, depuis le changement de statut en 2001. Désormais il y a d’un côté le scolaire, subventionné, et de l’autre les formations pour adultes, autofinancées, qui représentent 80 % de l’activité. Avant, pour apprendre une langue rare on allait vers le CNED, rappelle Cyrille. Aujourd’hui ce n’est plus possible, si une formation n’est pas rentable, on la supprime.

Deux fois moins d’inscrits en quinze ans

1,5 million

C’est le nombre de devoirs corrigés par les enseignants du CNED en 2015.

Par mesure d’économies, les imprimeries et l’expédition ont été externalisées, certains cours sont sous-traités au privé. On perd en qualité et on est passés de 400 000 à 200 000 inscrits en quinze ans, poursuit François. Les effectifs, 2 000 salariés, ont baissé de 10 % en cinq ans.

Ils dénoncent aussi une réorganisation perpétuelle depuis dix ans et une valse des managers. Le dernier directeur général a été nommé fin décembre. C’est enfin quelqu’un issu de l’Éducation nationale, il doit ramener la paix sociale après les grèves de fin 2016, explique François. Il nous consulte beaucoup, on est soulagés mais on attend de voir, les contraintes budgétaires restent très fortes.