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Demandeurs d’emplois sur le Net : 88% cherchent, 18% sont embauchés

, Michel Pourcelot

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La grande majorité des demandeurs d’emplois est pour le moins connectée : 88% d’entre eux cherchent un travail sur Internet, mais seulement 18% ont été embauchés par ce biais contre 37% l’on été par relations personnelles. La magie d’internet ne semble donc pas encore opérer à plein pour ce qui est du chômage. Ces chiffres ont été établis d’après un sondage et dévoilés le 17 janvier 2017, lors des deuxièmes Rencontres de l’emploi organisées par Pôle emploi. Il a été réalisé en juin et en novembre 2016 auprès de 3 500 demandeurs d’emploi, inscrits sur les listes de Pôle emploi et donc hors « halo ».

Chômeur, pas diplômé, + de 50 ans, en zone rurale...

Les demandeurs d’emploi sont des habitués d’Internet et des nouvelles technologies : 96% d’entre eux les utilisent dans leur quotidien et 73% sont inscrits sur les réseaux sociaux assure l’étude qui note que les plus jeunes sont mieux équipés que les plus âgés. Ainsi 98% des moins de 30 ans possèdent au moins un équipement leur permettant de se connecter à Internet alors que 84% des demandeurs d’emploi âgés de 50 ans ou plus sont équipés. Côté diplôme, l’effet est similaire. D’un autre côté, les demandeurs d’emploi sont un peu obligés de se tourner vers le Net, Pôle emploi s’étant lancé dans une vaste dématérialisation depuis fin 2015, la règle étant que l’inscription se fait désormais par internet. Ce qui pose problème dans les zones où la fracture numérique n’est toujours pas réduit. En octobre dernier, des élus de tous bords, dont un de Lozère, ont dénoncé les opérateurs qui ne jouent pas le jeu en ne couvrant pas ou mal les zones peu rentables. Quand le halo numérique rencontre le halo du chômage, on va faire une éclipse de droits.

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23 février 1903

Mort de Jean-Baptiste Clément
Article de Théodore Beregi paru dans Force Ouvrière n°379 le 23 avril 1953. L’une des plus belles figures de la classe ouvrière, Jean-Baptiste Clément vit aujourd’hui dans la mémoire de tous ceux qui l’ont connu et de tous ceux qui ont appris à admirer son sublime désintéressement, son héroïsme (...)

Article de Théodore Beregi paru dans Force Ouvrière n°379 le 23 avril 1953.

L’une des plus belles figures de la classe ouvrière, Jean-Baptiste Clément vit aujourd’hui dans la mémoire de tous ceux qui l’ont connu et de tous ceux qui ont appris à admirer son sublime désintéressement, son héroïsme indomptable, et à aimer sa poésie tour à tour tendre, âpre et exaspérée. Il est devenu célèbre par sa romance Le temps des cerises, écrit, il y a près de quatre-vingt dix ans, qui n’a pas encore perdu ni son charme mélancolique, ni sa signification humaine.

J.-B. Clément ne pouvait relire ou entendre sans émotion et sans larmes ses propres vers :

« J’aimerai toujours le temps des cerise - C’est de ce temps-là que je garde au cœur Une plaie ouverte... »

Il a, en effet condensé dans ces lignes toute la misère de sa jeunesse, la souffrance de ses années de luttes, son chagrin et ses déceptions. Et par ce qu’il a conservé le douloureux. souvenir au fond de son coeur viril, et sentimental à la fois, qu’il est devenu un combattant intrépide du prolétariat, un exemple émouvant de noblesse d’âme et de générosité.

J.-B. Clément était né pour la lutte sociale ; sa détresse et les injustices qu’il a endurées, avaient mûri et formé sa conscience révolutionnaire. Sa vie, très mouvementée, fut entièrement mise au service de l’idéal de la classe ouvrière, comme sa poésie bouillonnante, nerveuse qui se confondait avec la révolte intérieure et l’espoir des hommes humiliés et opprimés.

On ne peut évoquer cette existence ardente et tumultueuse, qui se passionna jusqu’à sa mort pour la cause socialiste, et sa poésie qui vibrait et s’exaltait pour un meilleur avenir de tous ceux qui souffraient et qui voulaient être heureux parce qu’ils aimaient la vie.

Jean-Baptiste Clément, avant d’être le poète-chansonnier célèbre du prolétariat, a fait toutes sortes de métiers : tourneur en cuivre, employé chez un architecte, chez un négociant en vin, puis manœuvre à la construction du viaduc de Nogent. A vingt et un ans, il s’insurge contre la tyrannie et l’exploitation patronales ; compose des poèmes avec une spontanéité naturelle et prend conscience de sa véritable vocation. En même temps, sa soif de culture s’éveille, que des lectures médiocres ne peuvent plus satisfaire. Il se rend compte de son ignorance et Clément travaille le jour, étudie la nuit, éclairé par une lampe à huile. « Autodidacte, écrivait-il, je devais passer par trente-six métiers et bien plus de misères pour m’instruire ! » II lit les œuvres de Balzac, de Flaubert, de Musset et la poésie de l’infortuné Hégésippe Moreau et de Béranger. Mais, c’est les vers enflammés de Pierre Dupont qui exercent sur lui une profonde attraction. A cette époque, il écrit des couplets nostalgiques et délicieux que seuls ses amis intimes connaissent, et il vit à la Butte Montmartre, dans une misère lamentable. Puis, vient le jour heureux... lorsqu’il a vendu à l’éditeur sa première chanson pour cent sous. II n’a jamais oublié l’étrange émotion qu’il avait ressentie alors. Encouragé par ce début de succès, il composa les Chansons du morceau de pain, jugées par lui « sans importance », mais qui révèlent un authentique poéte chansonnier du peuple. Dans les couplets rythmiques, tantôt satiriques, tantôt révolutionnaires : La chanson du Fou, Folie de Mai, Fournaise, Les Souris, L’Empereur se dégomme, Paysan, Quatre-Vingt-Neuf, il évoque la misère noire, le régime haï et détesté de Napoléon III, le souvenir frémissant de 89, la colère et l’inquiétude du peuple, que la censure impériale avait interdit et pour lesquels il fut emprisonné à Sainte-Pélagie.

Lorsqu’en 1867, la chanson du Temps des .Cerises, sur la musique de Renard, fut éditée à Bruxelles, le nom de Clément devint rapidement populaire en France. Et c’est dans une nouvelle édition de 1885 que Clément l’a dédiée : « à Louise Michel, l’ambulancière de la rue Fontaine-au-Roi, le dimanche 28 mai 1871. » Dans le mouvement d’émancipation de la Commune, J.-B. Clément prend une part active et se bat courageusement sur les barricades. C’est dans sa cachette quai de Bercy qu’il écrivit, pendant les jours tragiques de la répression, les strophes déchirantes de La semaine sanglante : « Paris suinte la misère - Les heureux mêmes sont tremblants - La mode est aux conseils de guerre - Et les pavés sont tous sanglants... »

Après la défaite de la Commune, il est contraint de s’exiler en Angleterre, où il végète, en donnant des leçons de français. En pensant aux trente-cinq mille communards massacrés, à ses amis fusillés et déportés à la Nouvelle-Calédonie, Clément met « la chanson au service, de la cause des vaincus et veut peindre dans un style simple et direct, les souffrances et les revendications des ouvriers ». Les événements de 1871 m’ont convaincu -écrivait-il - qu’il fallait par les paroles et les chansons, forcer le peuple à voir sa misère, à hâter ainsi l’heure de la solution du grand problème social. C’était, le but immédiat de ses chansons et de sa poésie. Et c’est ainsi qu’est né de l’inspiration socialiste : Les Traîne-Misére, à Mon Marteau, Le Diable. A son retour en France il compose Les Gueux, aux Loups, Jean Rat, Liberté-Egalité, poèmes émouvants par la sincérité de l’émotion et de l’accent, par la force de l’expression et par la sensibilité humanitaire. Dans ses chansons sociales : Le Trimardeur, La Grève, Crève-Coeur, Chômage, En avant paysan, Le Premier mai, il apparaît de plus en plus le poète engagé, en lutte contre la résignation, l’ignorance et la pauvreté, en exhortant les travailleurs aux combats pour une société régénérée. J.-B. Clément était redouté aussi comme pamphlétaire sous le règne de Napoléon III. Il a écrit avec une verve mordante, le Casse-Tête, le Pavé, Le club de la Redoute, La Lanterne Impériale, La Lanterne du Peuple, où il a fustigé avec une plume incisive et gouailleuse, les institutions réactionnaires de l’Empire libéral et eut le courage de dire en 1868 :
« Place à ceux qui ont l’amour de la liberté ! Il nous faut des hommes nouveaux et des idées nouvelles. » Les deux volumes de Questions sociales, contiennent la doctrine démocratique de cet admirable poète-militant qui dénonçait les maux organiques et les vices internes de la société bourgeoise, et annonçait avec ferveur, la société socialiste où « il n’y aura plus d’inégalités, où le travailleur ne sera plus esclave du capitalisme et l’homme ne sera plus exploité ». Cette conception élevée de la société future, lui a donné une raison de vivre et une raison d’espérance.