Communiqué de FO

Discours sur l’Etat de l’Union européenne : peut mieux faire !

, Andrée Thomas, Secteur Europe - International

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Alors que l’Union européenne (UE) est secouée par de nombreuses crises, face auxquelles elle semble incapable de donner la moindre réponse concrète et que les travailleurs et citoyens européens ne lui accordent plus confiance, le président de la Commission Jean-Claude Juncker a délivré ce matin devant le Parlement européen un discours très attendu sur l’État de l’Union.

S’il reconnait que l’UE vit une crise existentielle et se montre incapable d’offrir des réponses aux défis qui se posent, notamment la montée du chômage et des inégalités sociales, FO considère que le cap donné ce matin ne rompt pas avec les politiques menées jusqu’à présent et que l’Europe doit radicalement changer pour avancer.

Ainsi, l’annonce du doublement du plan d’investissement d’ici 2022 va dans la bonne direction mais il ne s’agit que de prolonger le plan actuel qui reste très insuffisant pour répondre à l’urgence de créer des emplois et au retard d’investissement accumulé depuis la crise. Sans une réorientation profonde des politiques économiques menées en Europe, sans l’abandon de l’austérité et des réformes structurelles régressives qui minent la confiance et précarisent les salariés, l’Europe restera dans l’incapacité de répondre aux attentes des travailleurs.

Pour FO, le volontarisme affiché par le président de la Commission et le rappel de ses convictions européennes ne peuvent masquer le fait que l’UE actuelle reste enfermée dans le statu quo et des politiques qui renforcent la montée des mouvements de rejet de l’autre.

En l’absence de décisions fortes sur l’Europe sociale, l’UE sera incapable de retrouver la confiance des peuples. Changer l’Europe, c’est renouer avec l’objectif de progrès social. Aujourd’hui, l’Europe est très souvent perçue comme un danger alors qu’elle devrait être porteuse de droits, de garanties et de progrès social. Remettre le social au cœur du projet européen exige d’inverser les modalités de la construction européenne en luttant contre le dumping social entre les travailleurs européens, en égalisant les conditions de concurrence vers le haut et en révisant les Traités.

Pour FO, les travailleurs ne peuvent plus souscrire à une Europe qui s’acharne à privilégier le libéralisme économique et consacre une logique de concurrence entre États et donc entre leurs modèles sociaux nationaux. Avant d’être celle des marchés, l’Europe doit être celle des travailleurs.

A propos de cet article

Sur les auteurs

Andrée Thomas

Secrétaire confédérale - Secteur International - Europe


CSI-CES-TUAC - Immigration - G8/G20 - AFOC


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Éphéméride

28 mai 1871

L’assassinat d’Eugène Varlin
Louise Michel décrit l’assassinat par les Versaillais d’Eugène Varlin qui est resté dans l’histoire du mouvement ouvrier, comme elle-même, le symbole du soulèvement populaire. « La Commune était morte, ensevelissant avec elle des milliers de héros inconnus. Ce dernier coup de canon à double charge (...)

Louise Michel décrit l’assassinat par les Versaillais d’Eugène Varlin qui est resté dans l’histoire du mouvement ouvrier, comme elle-même, le symbole du soulèvement populaire. 
« La Commune était morte, ensevelissant avec elle des milliers de héros inconnus. Ce dernier coup de canon à double charge énorme et lourd ! Nous sentions bien que c’était la fin ; mais tenaces comme on l’est dans la défaite, nous n’en convenions pas...
Ce même dimanche 28 mai, le maréchal Mac-Mahon fit afficher dans Paris désert : “Habitants de Paris, l’armée de la France est venue vous sauver ! Paris est délivré, nos soldats ont enlevé en quatre heures les dernières positions occupées par les insurgés. Aujourd’hui la lutte est terminée, l’ordre, le travail, la sécurité vont renaître”. Ce dimanche-là, du côté dela rue de Lafayette, fut arrêté Varlin : on lui lia les mains et son nom ayant attiré l’attention, il se trouva bientôt entouré par la foule étrange des mauvais jours. On le mit au milieu d’un piquet de soldats pour le conduire à la butte qui était l’abattoir. La foule grossissait, non pas celle que nous connaissions : houleuse, impressionnable, généreuse, mais la foule des défaites qui vient acclamer les vainqueurs et insulter les vaincus, la foule du vae victis éternel. La Commune était à terre, cette foule, elle, aidait aux égorgements. On allait d’abord fusiller Varlin près d’un mur, au pied des buttes, mais une voix s’écria : “il faut le promener encore” ; d’autres criaient : “allons rue des Rosiers”.
Les soldats et l’officier obéirent ; Varlin, toujours les mains liées, gravit les buttes, sous l’insulte, les cris, les coups ; il y avait environ deux mille de ces misérables ; il marchait sans faiblir, la tête haute, le fusil d’un soldat partit sans commandement et termina son supplice, les autres suivirent. Les soldats se précipitèrent pour l’achever, il était mort. Tout le Paris réactionnaire et badaud, celui qui se cache aux heures terribles, n’ayant plus rien à craindre vint voir le cadavre de Varlin. Mac Mahon, secouant sans cesse les huit cents et quelques cadavres qu’avait fait la Commune, légalisait aux yeux des aveugles la terreur et la mort. Vinoy, Ladmirault, Douay, Clinchamps, dirigeaient l’abattoir écartelant Paris, dit Lissagaray, à quatre commandements.
Combien eût été plus beau le bûcher qui, vivants, nous eût ensevelis, que cet immense charnier ! Combien de cendres semées aux quatre vents pour la liberté eussent moins terrifié les populations, que ces boucheries humaines ! Il fallait aux vieillards de Versailles ce bain de sang pour réchauffer leurs vieux corps tremblants. »