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Editorial de Philippe Pihet : La loi travail attise la course au moins disant social

, Philippe Pihet, Secteur Retraites

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Cette affirmation est d’Alain Supiot, juriste français spécialiste du droit du travail, de la Sécurité sociale et de théorie du droit. Depuis 2012, il est professeur au Collège de France.

Dans une entrevue avec Laurent Mauduit, journaliste, cet expert apporte un éclairage qui mérite une large diffusion. Alain Supiot explique clairement que l’inversion de la hiérarchie des normes, enclenchée selon lui par les lois Auroux, n’est pas d’une grande modernité, ni donc originalité.

Il évoque la fléxisécurité qui envisage « l’être humain comme un matériau souple qu’il faut mener à la limite de la rupture ».

Et surtout, il évoque une idée chère à Force Ouvrière, la négociation collective de branche, avec un exemple qui nous encourage dans notre combat. Je cite : « le précédent de l’extension de la complémentaire santé par la loi... est particulièrement éclairant. Au nom de la liberté contractuelle -celle des seuls employeurs, à laquelle les salariés doivent se plier- le Conseil constitutionnel a dynamité les bases juridiques de la solidarité de branche en ce domaine, livrant ainsi chaque petit patron au démarchage et à la surenchère des assureurs. Rendue au mépris de la jurisprudence européenne et de la volonté des partenaires sociaux et du législateur d’autoriser en ce domaine un degré élevé de solidarité, cette décision a soulevé les protestations de représentants de dirigeants de PME ». J’ajoute bien sûr qu’ils n’ont pas été les seuls à protester !

Et nous continuons toujours à protester mais aussi à travailler à réparer.

Pour finir, un autre extrait de cette interview : « Dans le libéralisme à l’ancienne, les calculs économiques étaient placés sous l’égide de la loi. Le propre du néolibéralisme est de renverser cette hiérarchie et de faire de la loi l’expression de calculs d’utilité économique ».

Ce que, syndicalement, nous traduisons par le refus de voir le salariat (actifs, chômeurs et retraités) traité comme une variable d’ajustement économique.

Nous savions que nous n’étions pas isolés dans ce combat, en voilà encore une preuve. Cela doit nous conforter dans notre lutte syndicale.

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Philippe Pihet

Secrétaire confédéral - Secteur retraites


Retraites régime général et régimes de base - Retraites complémentaires - Prévoyance sociale - UCR - Mutualité


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