Retraite

Editorial de Philippe Pihet : « Une “réforme juste” ou juste une réforme de plus ? »

, Philippe Pihet, Secteur Retraites

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Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)
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FO Actualité
Retraite n°81
juin 2017
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Rénover notre système de retraites en le rendant plus transparent et plus juste. Cette phrase est extraite du programme de travail du gouvernement. Au moment où ces lignes sont écrites, la seule communication que nous ayons eue de la part de l’exécutif consiste en ce programme. Constant dans notre approche, nous ne sommes pas naïfs, ni ne faisons de procès d’intention. Le « dossier » retraite ne viendrait qu’en 2018.

Pour autant, il paraît opportun dès maintenant de relever quelques pistes d’évolution, notamment par rapport aux déclarations du candidat devenu président.

Il ne serait plus question d’un régime universel, avant de nous en réjouir, nous attendrons le début des concertations ! En revanche, nous notons, comme vous, que la rénovation sera plus juste, comme la dernière réforme qui garantissait l’avenir et la justice des retraites…C’est curieux ce besoin de qualifier de juste une réforme, comme si cela n’allait pas de soi. Ça fait penser aux républiques qui se croient obligées de se qualifier de démocratiques…

S’il est une chose sur laquelle l’effort de justice pourrait revenir, c’est la rectification du mode de calcul des trimestres pour les polycotisants avec la liquidation unique des pensions de retraite (LURA) que nous vous présentons dans ce numéro. Ainsi, selon les estimations de la Drees, 45% des polycotisants de la génération 1954 pourraient perdre des trimestres et donc devoir continuer à travailler - pour celles et ceux qui le pourraient - pour obtenir les conditions du taux plein.

Nous ferons une demande en ce sens à l’occasion de l’élaboration du Projet de loi de financement de la sécurité sociale 2018.

D’une manière globale, nous en profiterons pour exprimer notre vision de la justice, particulièrement en demandant des dispositifs pour lutter contre le temps partiel subi et pour faire appliquer la revendication de base : à travail égal, salaire égal.

Cela nous permettra de réaffirmer que la retraite est un mécanisme de salaire différé, basé sur la contribution, corrigé de la solidarité nationale. En d’autres termes, qu’il est vain de vouloir faire jouer à la retraite (au sens des pensions versées) un rôle de « réparation » des carrières de chacune et de chacun. Les injustices faites au cours la vie active se répercutent sur les pensions : la première mesure de justice est de se battre contre ces discriminations. Ça tombe bien. C’est le rôle d’un syndicat de défendre les intérêts matériels et moraux des travailleurs.