Energie

En congrès, les électriciens et gaziers FO restent plus que jamais mobilisés pour le retrait de la loi travail

, Evelyne Salamero

Recommander cette page

Le ton a été donné dès l’ouverture des travaux. Les 400 délégués au cinquième congrès de la fédération FO Energie et Mines, qui se déroule à Tours du 30 mai au 3 juin, ont adopté d’emblée et à l’unanimité une motion de « soutien aux mouvements contre la loi Travail ».

L’engagement des délégués au congrès de la FNEM FO dans la mobilisation contre le projet de loi El Khomri est sans ambiguïté et leur avertissement on ne peut plus clair : « FO Energie et Mines prend et prendra toutes sa place dans les jours et les semaines à venir pour que la revendication de retrait de la loi s’impose ». 

« Une arme de guerre contre le code du travail et le statut »

Pour eux, cette loi « constitue une arme de guerre contre le code du travail, mais aussi contre le Statut des électriciens et gaziers ».

Parmi la quarantaine d’intervenants à la tribune, dans le cadre de la discussion du bilan de l’activité de la fédération au cours des quatre dernières années (voté à l’unanimité ce 1er juin), nombreux sont ceux qui ont dénoncé les dangers que recèle le projet de loi travail.

« Les directions veulent anticiper »

Depuis quelques mois, en application d’un accord signé par la CFDT et la CGC, le temps de travail des cadres d’EDF peut être comptabilisé en jours et non plus en heures, sous la forme d’un forfait de 209 jours par an. « Demain, si la loi EL Khomri s’applique, la situation pourrait encore empirer puisque n’importe quel directeur pourra invoquer les difficultés de l’unité de production, de la filiale, et imposer l’augmentation du nombre de jours », a par exemple expliqué l’un d’eux.

« Avec la loi El Khomri, c’est la négociation d’entreprise qui l’emporte sur la branche. A quoi servirait une fédération dans cette configuration ? » a lancé un autre.

Vincent Hernandez, secrétaire général de la fédération a confirmé : « les directions nous ont déjà invités à nous asseoir autour de la table pour « anticiper » et discuter de ce que la loi travail pourrait apporter comme changements dans nos entreprises. Nous avons refusé d’y aller. Notre message est clair : nous voulons le retrait pur et simple de cette loi ».

Préparer la manifestation nationale du 14 juin

Il a ensuite souligné : « Le 14 juin il y aura une grande manifestation nationale. La première chose à faire quand on est militant c’est d’y être. Nous allons nous rapprocher des unions départementales pour la préparer ».

Alors que la fédération a appelé à multiplier les assemblées générales et que l’ensemble de ses délégués syndicaux centraux ont déposé des préavis de grève pour tout le mois de juin, les délégués au congrès ont renouvelé leur soutien aux « salariés des raffineries et des terminaux pétroliers qui luttent, des transports et de tous ceux qui, comme nous, n’acceptent pas que l’on revienne sur des conquêtes sociales collectives ».