Livre blanc - FO Hebdo

Énergie : quand des syndicalistes nous éclairent

, Evelyne Salamero

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Le barrage de Monteynard Avignonet sur le Drac (riviere). © Francois HENRY / REA

En ces temps où les polémiques relatives à l’énergie et au climat défrayent de plus en plus souvent la chronique, un an après l’adoption de la loi sur la transition énergétique, la Fédération FO de l’Énergie et des Mines publie un ouvrage particulièrement bienvenu.

Les auteurs du Livre blanc de l’Énergie, publié au printemps 2016 par la Fédération nationale de l’Énergie et des Mines FO, n’ont pas « la prétention de concurrencer les chercheurs qui, sous des angles différents, étudient le rôle et la place de l’énergie dans l’évolution humaine », précise, dès son avant-propos, Vincent Hernandez, secrétaire général de la fédération et directeur de la publication. Ils n’en ont pas moins leur mot à dire et veulent que leur ouvrage soit « source de réflexion et d’inspiration », notamment pour les responsables économiques des secteurs public et privé et les élus chargés de l’énergie, « afin d’orienter leur positionnement pour un service public de l’énergie républicain d’avenir ». 

Sans aucune ambiguïté, la démarche est donc militante. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’ouvrage a été publié à l’occasion du 70e anniversaire de la loi de nationalisation du 8 avril 1946. Sur la loi de transition énergétique, qui impose un rythme de décroissance de la production d’énergie sans précédent, les auteurs s’attachent notamment à démontrer que ses objectifs « ne sont pas exclusivement d’ordre écologique ».

Un ouvrage riche d’enseignements pour le citoyen lambda

Les auteurs ne contestent pas la réalité du réchauffement climatique, ni la nécessité de protéger l’environnement. Bien au contraire. En revanche, ils refusent qu’elles soient le prétexte à la désindustrialisation et à une adaptation de l’économie à une baisse du niveau de vie du plus grand nombre. En un mot, ils refusent la théorie de la « décroissance » dans une société « où la moitié de la population peine à satisfaire ses besoins sociaux élémentaires ».

Si le livre s’adresse aux élus et aux responsables économiques, il n’en est pas moins riche d’enseignements pour le profane, le simple citoyen, à savoir, in fine, le principal concerné... Le premier chapitre est ainsi une présentation des différentes sources d’énergie, la fédération FO se prononçant pour un mix équilibré de celles-ci, ne diabolisant ni les unes, ni les autres.

Un glossaire permet aussi d’apprendre, par exemple, ce qu’est la biosphère et que son épaisseur ne dépasse pas 20 kilomètres, que l’hélium, gaz rare, présent dans le soleil, sept fois plus léger que l’air, est, après l’hydrogène, l’élément le plus abondant de l’Univers, ou encore qu’une « énergie intermittente » est une énergie qui ne peut assurer une production continue d’électricité, comme le solaire ou l’éolien dont les productions cessent en l’absence de soleil et de vent. 


Focus : Énergies renouvelables et spéculation financière
En 2014, EDF a lié le sort de ses « énergies propres » à un géant de la spéculation financière en signant un partenariat avec le leader européen de la gestion d’actifs Amundi, pour proposer des produits d’épargne investis dans les énergies renouvelables. « Depuis les années 1990, soulignent les auteurs du livre blanc, l’État incite les entreprises publiques du secteur, et en premier chef EDF dont il est le propriétaire majoritaire, à des montages financiers dont tire profit le secteur spéculatif qui y valorise ses capitaux. »

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Evelyne Salamero

Journaliste - Rubrique internationale

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