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Enseignement : grève nationale le 17 septembre contre la réforme du collège

, Evelyne Salamero

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Hubert Raguin (Secrétaire général de la Fédération nationale de l’Enseignement, de la Culture et de la Formation professionnelle) au milieu des représentants des syndicats nationaux FO de l’Enseignement, y compris les personnels administratifs. F. Blanc / FO Hebdo - CC BY-NC 2.0

FO appelle à continuer la grève si la ministre de l’Education ne recule pas au soir de la grève et élargit son appel aux autres catégories de personnel.

Ceux et celles, à commencer par la ministre de l’Education Najat Vallaud Belkacem, qui misaient sur les grandes vacances pour que la colère des enseignants retombe, en sont pour leur frais. Mardi 1er septembre, au soir de la rentrée scolaire, les organisations syndicales, réunies au siège de la fédération FO de l’enseignement, de la culture et de la formation professionnelle (FNEC-FP FO), ont confirmé leur appel à une grève nationale pour l’abrogation de la réforme du collège et choisi la date du 17 septembre. FO appelle à continuer la grève si la ministre ne recule pas au soir du 17 septembre et élargit l’appel aux autres catégories (maternelle, primaire, enseignement professionnel, personnels administratifs...).

« Je n’ai pas d’inquiétude sur le fait que la réforme s’appliquera à la rentrée 2016 » a déclaré la ministre de l’Education, dans une interview publiée par Le Parisien du 31 août. « Un malentendu s’est installé avec les enseignants » a-t-elle ajouté, expliquant en substance qu’il suffit de le lever en formant les enseignants à la réforme.

Ce même 31 août, jour de pré rentrée pour les enseignants, des dizaines d’établissements se prononçaient déjà pour la grève « le plus vite possible ».

« Les mobilisations du printemps n’étaient pas un simple coup de colère, 30% de grévistes en juin c’est considérable »

« Il n’y a aucun malentendu. Les collègues ont très bien compris ce qu’est la réforme du collège : moins d’enseignement disciplinaire, des programmes différents d’un établissement à l’autre, un enseignement pluridisciplinaire fourre-tout... Ils ont très bien compris et n’en veulent pas. Ils savent qui plus est que cette réforme en annonce une autre, celle du lycée. Les grèves et manifestations d’avant les vacances n’exprimaient pas un simple coup de colère, 30% de grévistes en juin, au moment des examens, c’est considérable ! » a notamment déclaré Jacques Paris, secrétaire général du syndicat FO des Lycées et Collèges, ce 2 septembre au matin, lors d’une conférence de presse au siège de la fédération FO à Montreuil.

« Les organisations syndicales réunies hier ont confirmé leur position de juin. Elles ont décidé d’appeler à la grève pour l’abrogation de la réforme, pour que les textes soient retirés, pour que toute application anticipée soit arrêtée » a souligné Hubert Raguin secrétaire général de la FNEC-FP FO, indiquant que de nombreux collègues ont signalé être d’ores et déjà convoqués à des réunions de réflexion sur la nouvelle organisation à mettre en place à la rentrée 2016 dans le cadre de la réforme.

« Cette grève, a ajouté Hubert Raguin, nous la faisons pour gagner. A FO, nous considérons donc que la question se pose de la continuer si la ministre ne recule pas le 17 au soir. Nous appelons les personnels à en discuter dans les assemblées générales ».

Réforme du collège, réforme des rythmes scolaires, des classes qui débordent, des enseignants qui manquent, des salaires en berne... Pour FO, l’heure est à la grève pour toutes les catégories

Mais la réforme du collège n’est pas le seul problème. Elle vient s’ajouter à la réforme des rythmes scolaires dans les écoles maternelles et primaires et à des conditions d’enseignement et d’apprentissage considérablement dégradées, bien loin du monde idyllique dépeint par les discours officiels, comme en ont témoigné tout au long de la conférence de presse les responsables des syndicats FO des enseignants du premier et second degré, de l’enseignement professionnel et du personnel administratif.

Des enseignants titulaires affectés à plusieurs écoles dans des communes différentes, d’autres avec quatre classes de niveaux différents, des instituteurs arbitrairement mutés sur demande du maire parce qu’ils ont exprimé leur désaccord avec le Projet d’éducation territorial (PEDT), des enfants épuisés et qui « ne s’y retrouvent plus » entre l’animateur, l’enseignant, l’apprentissage scolaire et l’activité périscolaire... La réforme des rythmes scolaires dont l’application a commencé en 2014 continue ses dommages alors que dans le même temps moins de 500 classes sont ouvertes cette année pour 23 000 élèves de plus, soit environ une nouvelle classe par tranche de 55 à 59 élèves supplémentaires. Dans le secondaire, à titre d’exemple, des dizaines de contractuels font encore la queue devant le rectorat de Créteil en ce deuxième jour de rentrée scolaire pour connaître leur affectation... En Seine -Saint- Denis, certains ont eu droit à un contrat de trois jours, histoire que l’académie puisse afficher qu’aucun élève ne s’est retrouvé sans professeur en cette rentrée scolaire 2015... Partout les services administratifs se trouvent dans l’incapacité de faire face, sachant que si le ministère se vante d’avoir créé 400 postes cette année et environ 3 000 depuis 2012, 10 000 avaient été supprimés entre 2007 et 2012....

« Les classes débordent, les professeurs manquent, les garanties statutaires sont de plus en plus menacées, les services partagés se multiplient... Et les salaires baissent » résume la fédération FO qui appelle à élargir l’appel à la grève du 17 septembre à toutes les catégories et qui va proposer à toutes les autres organisations syndicales de s’associer à cet appel.

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Evelyne Salamero

Journaliste - Rubrique internationale

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