Congrès d’UD

FO se développe dans l’Orne

, Valérie Forgeront

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Près de 160 délégués représentants une soixantaine de syndicats se sont réunis le 21 juin dernier à Alençon pour le XXXIIIe congrès de l’Union départementale FO de l’Orne.

Le XXXIIIe congrès de l’UD FO de l’Orne placé sous la présidence du secrétaire général de la confédération FO, Jean-Claude Mailly, a vu la réélection de Liza-France Paroisse à un sixième mandat de secrétaire générale de l’UD.

Prévu initialement le 14 juin, jour de la manifestation nationale à Paris contre la loi Travail, ce congrès qui s’est finalement tenu le 21 juin à Alençon et a rassemblé près de 160 délégués représentants une soixantaine de syndicats a été l’occasion pour les militants de souligner leur « colère face au projet de loi Travail et leur détermination à aller jusqu’au bout pour demander le retrait du projet » indique Liza-France Paroisse.

Une souffrance sociale croissante

Ils ont manifesté aussi leur colère vis-à-vis de nombreux autres dossiers et leurs conséquences désastreuses au plan social.

Ainsi dans ce département très rural où le taux de chômage est plus fort que la moyenne nationale avec 9,8% des actifs et où l’on compte 6 000 bénéficiaires du RSA, le phénomène de désertification devient pour le moins inquiétant souligne la secrétaire générale de l’UD.

La disparition chronique des services publiques participe largement à ce phénomène souligne-t-elle. En dix ans, le nombre de bureaux de poste est passé de dix-huit à neuf. Trois trésoreries vont bientôt fermer, plusieurs petites écoles ferment elles aussi…

Après les ravages de la RGPP, la réforme dite de « Modernisation de l’action publique » (Map) a induit par ailleurs depuis 2012 la suppression de 300 emplois publics dans l’Orne.

Actuellement, la mise en action de la réforme territoriale agrémentée de réorganisations de services et d’un redécoupage de collectivités -notamment par fusions d’intercommunalités- entraîne « une grande souffrance pour beaucoup d’agents publics du département » explique Liza-France Paroisse.

« Il n’y a jamais eu autant de dossiers pour souffrance au travail. On constate même qu’en six mois, trois agents ont fait des demandes de protection fonctionnelle (mesure obligatoire de protection de l’agent, d’assistance juridique et de réparation des préjudices par l’administration, Ndlr). C’est inédit dans le département ».

Une vague de fermetures

Au cours de congrès ou les rapports d’activités et de trésorerie ont été adoptés à l’unanimité, les militants ont fait part aussi au fil d’une dizaine d’interventions de leurs inquiétudes envers l’évolution de l’emploi dans le secteur privé.

Alors que le département compte seulement trois grandes entreprises de plus d’un millier de salariés dont Faurecia (équipementier automobile) à Flers où FO est en position leader depuis les dernières élections professionnelles en 2014, le tissus industriel de l’Orne formé de petites et moyennes entreprises décline dangereusement.

L’entreprise Le Chameau fabriquant des bottes à Cahan vient de fermer ses portes en mars dernier « alors que le site était rentable. L’entreprise qui avait commencé à délocaliser ses activités au Maroc depuis quelques années a cette fois délocalisé toute la production. Cinquante-cinq salariés ont été licenciés » s’insurge Liza-France Paroisse.

Vingt-six structures FO créées en trois ans

En 2014, l’imprimerie Mont-Ligeon ou FO était majoritaire a elle aussi fermé ses portes. Bilan 117 licenciements secs. L’entreprise de fabrication d’autocars Carrier à Alençon a elle aussi cessé son activité en 2015. Cela a induit 178 licenciements. A la Sofedit (équipementier de l’automobile) comptant plus d’un millier de salariés et où FO occupe la troisième position syndicale, 122 suppressions de postes ont eu lieu fin 2014.

La situation de l’emploi dans l’Orne est alarmante résume Liza-France Paroisse. « Entre 2013 et 2015 dans les entreprises d’au moins dix salariés, on enregistre 12 PSE, 25 liquidations. Cela induit au total plus de 2 200 licenciements économiques. »

Pas facile dans ce cadre de développer l’organisation FO dans l’Orne. C’est cependant ce que fait et avec succès l’Union départementale et ses syndicats.

Ainsi durant le mandat 2013-2016, vingt-six syndicats ou sections ont été créées dans le département, tant dans le secteur public (territoriaux, santé privé…) que dans le privé (métallurgie, agroalimentaire…) précise la Secrétaire générale. L’objectif du mandat qui débute reste « plus que jamais le développement de l’organisation » insiste Liza-France Paroisse.