Congrès d’UD

FO veut faire des spécificités des Hautes-Alpes des atouts

, Clarisse Josselin

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Le XXVIe congrès de l’union départementale des Hautes-Alpes s’est tenu le 18 avril à Remollon, sous la présidence de Michèle Biaggi, avec 80 participants.

Les Hautes-Alpes est l’un des plus petits départements de France, à la charnière des deux grandes régions Rhône-Alpes et PACA, rappelle dans son rapport d’activité Raoul Hadou, le secrétaire général de l’union départementale, réélu dans ses fonctions par les congressistes.

Dans le département, 87% des entreprises ont moins de 9 salariés, souvent des artisans avec un seul salarié. Il existe aussi des PME, mais pratiquement pas de grosses entreprises.

L’activité repose essentiellement sur le tertiaire et notamment les services au public. Mais, comme le rappellent les congressistes dans leur résolution, ils sont affaiblis par « d’innombrables et incessantes suppressions de postes » à La poste, à la SNCF, à la sécurité sociale…

Ils revendiquent une « politique volontariste et non de façade contre la désertification ». Ils exigent aussi un « désenclavement routier, autoroutier et ferroviaire » pour améliorer « l’accessibilité et la mobilité, conditions essentielles à la vie dans les Hautes-Alpes et à la poursuite d’un développement équilibré ».

Malgré tout, de nouveaux syndicats se créent et une seconde union locale a ouvert en 2013 à Veynes. Aux élections dans la fonction publique du 4 décembre dernier, FO est arrivé en seconde position sur l’ensemble des trois fonctions publiques, et premier dans la Fonction Publique d’État. La confédération remporte aussi de bons résultats dans le privé, où elle présente de plus en plus de listes aux élections professionnelles.

Améliorer les droits des saisonniers

L’activité saisonnière est l’une des spécificités de ce département, à la fois touristique et agricole. Le congrès revendique une amélioration des contrats de travail, avec la prise en compte de la pluriactivité et de la saisonnalité. Il demande l’attribution d’une prime de précarité et la reconduction automatique des contrats d’une année sur l’autre. Pour éviter la perte de droits des travailleurs en pluriactivité, qui peuvent être successivement agriculteurs, salariés et libéraux, les congressistes suggèrent qu’ils puissent cotiser à une caisse unique.

Si leur résolution rejette et combat le projet de loi Macron dans son ensemble, elle dénonce particulièrement l’article 28, qui supprime la procédure d’autorisation lors de la construction d’unités touristiques nouvelles (UTN). « Elle imposait aux promoteurs de prévoir des logements pour les saisonniers, désormais ils s’en exonèreront et les travailleurs saisonniers subiront », regrette Raoul Hadou.

Localement, l’activité reste morose. En quatre ans, le nombre de demandeurs d’emploi est passé de 8 302 à 11 774 personnes. Pour la dynamiser, FO propose de faire du département le pôle de référence en matière de formation et de qualification sur la nature, la montagne, le sport et le tourisme, en lien avec les spécificités locales.