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GM&S : inquiétude et colère s’invitent à Bercy

, Evelyne Salamero

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Près de 200 salariés de l’usine GM&S de La Souterraine, dans la Creuse, sont montés à Paris le vendredi 16 juin pour manifester devant Bercy, à l’appel de leurs syndicats FO et CGT. Une délégation a rencontré le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, dans le cadre d’une réunion de la cellule de crise mise en place quelques jours plus tôt par le président Emmanuel Macron.

A sept jours d’une nouvelle audience devant le tribunal de commerce de Poitiers, qui pourrait décider sa liquidation pure et simple, l’entreprise GM&S, qui avec ses 277 salariés n’est rien de moins que le deuxième employeur privé du département de la Creuse, n’a fait l’objet d’aucune offre de reprise ferme.

Le groupe GMD, leader français de l’emboutissage, s’est à ce jour contenté d’une lettre d’intention qui de plus n’évoque le maintien que de 110 à 120 emplois.

110, 120 ou 140 emplois maintenus : insuffisant disent les salariés

Le 9 juin, le président de la République, après avoir rencontré les salariés de GM&S à l’occasion d’un déplacement en Haute-Vienne, département voisin de la Creuse, avait annoncé la mise en place d’une « cellule de crise » pour travailler à organiser les conditions d’une reprise, promettant de « faire le maximum ».

Lors de la réunion de ce vendredi 16 juin, le ministre de l’Économie a indiqué qu’il rencontrerait le patron de GMD en début de semaine prochaine pour le pousser à formuler une offre ferme. Le ministre est favorable à une diversification de la production, mais nous n’avons pas de vision précise pour le moment sur le nombre d’emplois qui seront maintenus, indique David Gunther, délégué syndical FO.

Il a été question ces derniers jours d’une intervention de l’État en faveur du maintien de 140 emplois.

Ce dernier chiffre avait été jugé insuffisant par les principaux concernés qui le 13 juin ont voté à 85% la reprise de l’occupation et du blocage de l’usine.

Les syndicats veulent que l’État intervienne pour que PSA et Renault garantissent plus de commandes

Les syndicats ont notamment demandé que l’État continue opiniâtrement à négocier une augmentation du chiffre d’affaires par Renault et Peugeot.

Alors que leurs besoins en pièces détachées (spécialité de GM&S) n’ont pas diminué, les deux principaux donneurs d’ordre de GM&S, ne se sont en effet toujours pas engagés à augmenter autant que nécessaire le volume de leurs commandes, préférant continuer à privilégier la sous-traitance à l’étranger, où le coût du travail est plus faible.

Prochaine assemblée générale : lundi 19 juin au matin

Les syndicats ont aussi pressé l’État de prolonger de trois mois la période de mise en observation de l’entreprise, période durant laquelle les offres de reprise sont examinées et au terme de laquelle la justice tranche entre poursuite de l’activité ou liquidation.

L’objectif reste de faire évoluer les offres et de pousser les constructeurs à remettre le chiffre d’affaires nécessaire à une reprise pérenne bien supérieure à 140 emplois, ont expliqué les syndicats le 13 juin.

Mais le ministre a fait connaître sa volonté d’agir vite.

Une nouvelle assemblée générale des salariés aura lieu lundi 19 juin pour décider de la suite.

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Evelyne Salamero

Journaliste - Rubrique internationale

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