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God save B&M

, Corinne Kefes

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Voici presque trente ans que le créateur des « aventures de Blake et Mortimer » a disparu. Mais son œuvre lui survit : aujourd’hui, il existe autant d’albums « originaux » que de « reprises ». Et ce ne sont pas moins de neuf scénaristes et dessinateurs qui ont contribué à perpétuer cet héritage.

Ce qu’on découvre en lisant cet ouvrage, c’est comment chacun d’entre eux s’est approprié l’univers de Jacobs, son exigence de travail et sa rigueur. Et cela n’a pas été un long fleuve tranquille pour la plupart : cette série porte en elle des obligations et chacun a vécu cette expérience différemment. Néanmoins, tous reconnaissent l’ampleur du travail qu’il a fallu fournir pour conserver l’esprit de Jacobs tout en lui conférant une certaine modernité.

Riche en dessins, en esquisses, en documents de travail, on touche ici à la genèse d’une œuvre et au processus de création, du côté des auteurs comme du côté éditorial ; ce sont des coulisses qui sont offertes à nos yeux pour mieux appréhender le travail de chacun.

L’héritage Jacobs de Jean-Luc Cambier et Éric Verhoest, éditions Dargaud, 224 pages, 24,99 euros.

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Éphéméride

26 mai 1904

Une étrange tentation de corruption
Que se passa-t-il exactement ? Des entrepreneurs et arçonniers offrirent 50 000 francs à Manot, secrétaire général du syndicat international des dockers pour organiser inopinément une grève de la corporation sur les quais de Marseille. Surpris par une telle sollicitation intempestive de la part des (...)

Que se passa-t-il exactement ? Des entrepreneurs et arçonniers offrirent 50 000 francs à Manot, secrétaire général du syndicat international des dockers pour organiser inopinément une grève de la corporation sur les quais de Marseille. Surpris par une telle sollicitation intempestive de la part des patrons, Manot, comprit aussitôt la provocation suspecte. Toutefois, il accepta les 50.000 francs qu’il versa aussitôt à la caisse du syndicat. Les entrepreneurs provocateurs n’eurent pas la grève qui camouflait, en vérité, un marchandage.
En revanche, le procureur de la République ouvrit une information judiciaire contre « les auteurs de la corruption qui furent poursuivis pour avoir à l’aide de manœuvres frauduleuses, tentés d’amener une cessation concertée du travail sur les quais de Marseille ».
Démasqués, les entrepreneurs coupables de corruption, décidèrent cyniquement d’attaquer Manot en diffamation !