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Grande-Bretagne : le TUC contre l’austérité et les atteintes au droit de grève

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La lettre électronique @ ctualités Europe – International n°30

Le 14 septembre, les députés britanniques ont approuvé le projet de loi visant à limiter le droit de grève. Ce texte doit désormais être approuvé en troisième lecture et passer par la chambre des Lords avant d’être adopté. Ce 4 octobre, 60 000 personnes manifestaient à Manchester contre cette disposition – et plus largement contre l’austérité dans le pays.

Concrètement, le projet de loi vise à restreindre la liberté syndicale, en imposant une série de restrictions à son exercice. L’institution d’un quorum pour l’exercice du droit de grève d’abord (au moins 50% des salariés d’une entreprise devront voter en faveur d’une grève pour que celle-ci soit légale, et donc autorisée – contre 50% des votants dans l’entreprise aujourd’hui...). Certains services dits « essentiels » voient leur droit de grève encore plus restreint. Les salariés grévistes devront informer deux semaines avant leur employeur de ce qu’ils comptent faire – incluant ce qu’ils posteraient sur Facebook par exemple. D’autres restrictions sont prévues quant à la manière dont les syndicats dépensent leurs fonds pour la grève. Les employeurs auront le droit d’engager des salariés pour remplacer les salariés grévistes. Pour le TUC, cette disposition pose notamment de sérieuses difficultés en termes d’hygiène et sécurité au travail, de qualité des services publics, en plus de détériorer le droit de grève (voir le détail ici : https://www.tuc.org.uk/about-bill).

La Secrétaire Générale de la TUC, Frances O’Grady, a dénoncé la pire attaque contre le mouvement syndical depuis les années 1980. Et le nouveau président de la CES Rudy de Leeuw l’a réaffirmé avec force lors du Congrès de la semaine passée : « pas question de toucher au droit de grève ».

Pour FO, cette réforme s’inscrit dans une dynamique européenne et internationale visant à brider le droit de grève, en opposant les consommateur et les travailleurs et en plaçant l’acte d’achat avant le droit social et syndical. Nous affirmons notre soutien à nos camarades du TUC. Comme concluait le nouveau Secrétaire général de la CES Luca Visentini le 2 octobre à Paris : « Notre mission est de continuer à résister ».