Métallurgie

Grève chez Tim, où près de 250 emplois sont menacés

, Clarisse Josselin

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Les salariés de cette entreprise du Nord, spécialisée dans les cabines d’engins de chantier, étaient en grève du 20 au 25 avril à l’appel d’une intersyndicale. Ils dénonçaient d’éventuelles suppressions de poste et réclamaient des investissements. Ils ont repris le travail et restent dans l’attente d’un repreneur.

Tim, qui comptait plus de 900 salariés au début des années 2010, a été le troisième plus gros employeurs de la région de Dunkerque (Nord). La société, basée à Quaëdypre, fabrique des cabines pour les engins de travaux publics. Mais cette époque florissante semble aujourd’hui loin derrière.

L’entreprise, qui fait face à des difficultés financières et à une baisse des commandes, ne compte plus que 500 salariés. Fin janvier, elle a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Lille. Le 12 avril, le plan de continuation proposé par son propriétaire, le groupe allemand Fritzmeier, a été refusé par la justice.

« Les administrateurs ont estimé que ce plan, dans lequel ont été mis trois millions d’euros, ne permettrait de tenir que jusqu’en juin, avec des difficultés », raconte Fabrice Waeles, délégué FO. Tim a été mise en vente. Les éventuels repreneurs ont jusqu’au 15 mai pour déposer leurs offres.

Du matériel plus que vétuste

Le délégué FO explique ce déclin par un manque d’investissement sur le site ces dix dernières années. « Le matériel est plus que vétuste, certaines machines ont plus de 50 ans, dénonce-t-il. Aujourd’hui, il faut passer les pièces deux ou trois fois sur la chaîne de peinture. Avec des investissements, on aurait gardé les clients et il n’y aurait pas à licencier. » En revanche, il évoque des investissements en Tchéquie et en Roumanie. « Là-bas les effectifs progressent, on craint la délocalisation », poursuit-il.

Le 19 avril, un représentant de la direction a mis le feu aux poudres lorsqu’il a annoncé aux salariés la suppression probable de 200 à 250 postes. Une intersyndicale a appelé à la grève dès le 20 avril pour dénoncer les menaces sur l’emploi et réclamer des investissements pour assurer la pérennité du site.

Paiement de tous les jours de grève

« On ne sait pas encore qui sera repreneur et on nous annonce déjà la suppression d’un emploi sur deux et une négociation à venir sur le temps de travail, avec une remise en cause des acquis et des accords, poursuit Fabrice Waeles. On se demande si on ne va pas être rachetés par une filiale du groupe. Augmenter le temps de travail pour pouvoir licencier, c’est hallucinant. »

Un accord de fin de conflit a été trouvé le 25 avril avec l’administrateur judiciaire. Les syndicats ont obtenu le paiement de tous les jours de grève. En cas de mise en place d’un plan social, ils ont la garantie que priorité sera donnée aux départs volontaires. « Et on négociera les meilleures conditions de départ », prévient le délégué FO qui envisage, avec les autres élus du personnel, de mener des actions plus ciblées.