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Hoc locus est

, Corinne Kefes

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Donner un nom, c’est faire exister ; c’est marquer un territoire ; c’est s’approprier l’espace. Et dans cette désignation se trouvent de nombreux enjeux. Ainsi, les noms de lieux sont un terrain idéal pour observer comment s’élabore, vit et se transforme une dénomination, hier et aujourd’hui encore. À travers l’étymologie, la linguistique et des logiques socio-culturelles, l’auteur fait converger différentes sciences pour dévoiler l’histoire du nom d’un lieu et connaître les raisons, les besoins qui ont amené à sa naissance. Il fait le lien entre les racines linguistiques, l’histoire et les différents mouvements de population, et démontre que le choix d’un nom renseigne autant sur l’endroit nommé que sur la personne qui le nomme.

Avec plus de 25 000 références qui témoignent de la richesse et de la diversité de ce patrimoine, il explique que les noms sont rattachés à de grandes thématiques reflétant l’activité humaine : les besoins du quotidien, la vie en société, les modes de peuplement, l’appropriation des espaces naturels, la culture, la spiritualité… L’attribution d’un nom reste une projection humaine.

L’étymologie, c’est la science qui donne un sens, qui dit ce qui est, ce qui est vrai. C’est un singulier voyage car cette définition côtoie une part d’incertitude dans la compréhension véritable de l’origine et du sens d’un nom. Tout mystère qu’on éclaire garde une part d’ombre…

Trésor du terroir, les noms de lieux de la France de Roger Brunet, CNRS éditions, 656 pages, 39 euros.

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Éphéméride

26 mai 1904

Une étrange tentation de corruption
Que se passa-t-il exactement ? Des entrepreneurs et arçonniers offrirent 50 000 francs à Manot, secrétaire général du syndicat international des dockers pour organiser inopinément une grève de la corporation sur les quais de Marseille. Surpris par une telle sollicitation intempestive de la part des (...)

Que se passa-t-il exactement ? Des entrepreneurs et arçonniers offrirent 50 000 francs à Manot, secrétaire général du syndicat international des dockers pour organiser inopinément une grève de la corporation sur les quais de Marseille. Surpris par une telle sollicitation intempestive de la part des patrons, Manot, comprit aussitôt la provocation suspecte. Toutefois, il accepta les 50.000 francs qu’il versa aussitôt à la caisse du syndicat. Les entrepreneurs provocateurs n’eurent pas la grève qui camouflait, en vérité, un marchandage.
En revanche, le procureur de la République ouvrit une information judiciaire contre « les auteurs de la corruption qui furent poursuivis pour avoir à l’aide de manœuvres frauduleuses, tentés d’amener une cessation concertée du travail sur les quais de Marseille ».
Démasqués, les entrepreneurs coupables de corruption, décidèrent cyniquement d’attaquer Manot en diffamation !