Revue de presse

Hôpitaux grippés et lits en portefeuille

, Michel Pourcelot

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Epidémie de grippe, manque de lits... Le mécontentement dans les hôpitaux était déjà avant si palpable que la création d’une mission nationale était annoncée en décembre dernier par la ministre de la Santé et un médiateur national nommé le 11 janvier. La presse a pris le pouls de la situation. Aperçus.

Le Monde
Depuis quelques jours, les services des urgences des hôpitaux explosent de nouveau, confrontés à un afflux massif de personnes âgées touchées par la grippe. Parfois il faut Plus de 24 heures pour trouver un lit [...] Certains hôpitaux sont tellement surchargés que les ambulanciers ne peuvent même plus décharger leurs patients, la situation est extrêmement critique raconte François Braun, le président de SAMU-Urgences de France, qui qualifie la situation de crise sanitaire. Confrontée à la saturation exceptionnelle de certains de ses services d’urgences, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a demandé le 6 janvier à ses trente-neuf établissements d’activer le niveau 3 du plan Hôpital en tension qui permet de dégager des lits supplémentaires. Si exceptionnelles, les grippes en janvier ?

Ouest-France
Grippe ou réduction de lits ? Les urgences de l’hôpital de Saint-Nazaire sont saturées. En cause, non pas les épidémies hivernales, mais un manque de place pour des patients venus des urgences et ayant besoin d’être hospitalisés. FO a compté une cinquantaine de patients aux urgences, vers 12 h ce jeudi [5janvier]. Trois jours auparavant, mardi, la direction annonçait avoir ouvert 23 lits supplémentaires et installé 12 brancards dans une salle de réunion médicalisée. Mais cela n’a pas suffi : huit nouveaux lits ont encore été ajoutés hier [4 janvier]. Résultat : La situation reste très tendue aux urgences de Saint-Nazaire. Comme ailleurs et un peu partout.

La Voix du Nord
Dans le Nord, Les urgences du CH Lens ont vécu une journée très noire, dimanche, avec un service saturé et, en soirée, un plan blanc déclenché, permettant de rappeler des personnels. À bout de forces, les professionnels dénoncent une situation catastrophique depuis un mois. La direction assure chercher des solutions depuis plusieurs semaines. Dimanche matin, au changement d’équipe, les personnels des urgences découvraient une situation plus catastrophique que ces derniers jours. Pas moins de 35 patients étaient présents dont 26 y avaient passé la nuit, selon un médecin.

Les Echos
Des lits vus sous le prisme du portefeuille ? Les moyens des établissements ont rétréci pour tenir les engagements budgétaires, au détriment de l’accueil des patients explique le président de la Fédération hospitalière de France, qui estime que l’on a peut-être fermé trop de lits dans les hôpitaux. Le plan triennal d’économies de 2014 incluait 4 000 fermetures en 2015, 5 600 en 2016, 6 400 en 2017. Des lits de chirurgie auraient pu être reconvertis en lits de médecine, car chaque hiver, il en manque. Et les patients font les frais de ces lits en portefeuille.

Le journal international de la médecine
Mais pour un grand nombre de ces médecins, l’ampleur de l’épidémie de grippe actuelle ne peut être considérée comme une excuse suffisante pour accepter les difficultés des services d’urgence. Notre système est tellement sous tension qu’il est incapable de gérer une hausse d’activité liée à une épidémie de grippe tout à fait prévisible, comme il s’en produit tous les quatre à cinq ans, déplore ainsi cité par Le Monde, Christophe Prudhomme, de la CGT Santé, se faisant effectivement l’écho de déclarations similaires entendues les années précédentes dans la bouche d’autres responsables syndicaux à propos d’épidémies de bronchiolite ou de grippe. Certains médecins urgentistes déplorent par ailleurs l’inutilité voire l’hypocrisie du déclenchement des plans blanc et autres dispositifs de ce type. Les renforts promis par le biais de ces programmes sont en effet parfois inexistants. A Toulon, par exemple, Vincent Carret (responsable local de l’Association des médecins urgentistes de France) assure n’avoir pas reçu les soutiens promis par l’Agence régionale de Santé (ARS). Les difficultés des autorités à répondre aux besoins des services s’expliquent notamment par une pénurie d’effectifs, surtout dans les zones isolées. La santé ne fait pas son lit dans les économies.