L’éditorial du Secrétaire général - FO Hebdo

J-C Mailly : « Sortir de l’austérité, c’est aussi s’attaquer à la financiarisation »

, Jean-Claude Mailly

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La voracité de certains fonds financiers n’est plus à démontrer. Nombre d’entreprises et leurs salariés en ont déjà fait les frais.

Il s’agit souvent, à partir de mécanismes de type LBO, de se sucrer sur la bête.

Les remboursements d’emprunt et les dividendes viennent vider l’activité économique, conduisant fréquemment à des ventes ou dépeçages. C’est ce que connaît actuellement Vivarte, où les licenciements et cessions d’activités se multiplient.

Il est plus que temps que cela cesse.

Il faut rappeler que l’entreprise est une réalité économique sans reconnaissance juridique. C’est la société et non l’entreprise qui détient la personnalité juridique.

C’est donc un abus de considérer que ce sont les actionnaires qui sont propriétaires de l’entreprise. Ils ne sont que propriétaires de leurs actions.

Il fut d’ailleurs un temps où des dirigeants d’entreprise pouvaient mener une politique relativement autonome par rapport au capital.

Les choses ont changé dans les années 1980 quand, sous l’influence de l’École de Chicago, il fut décidé que l’entreprise devait, par la création de valeur, privilégier l’intérêt de l’actionnaire, les dirigeants comme les salariés devenant en quelque sorte leurs agents.

De fait, cela a introduit une confusion entre l’intérêt social et l’intérêt des actionnaires au détriment des salariés et de l’entreprise.

En ont découlé toutes les théories et pratiques actuelles du management.

Ce qui est en cause, c’est le mouvement de financiarisation des économies. Il est à l’origine de la crise financière de 2008, favorisée par la dérégulation/déréglementation.

Il porte atteinte à la démocratie et est en grande partie à l’origine du chômage et de la précarité.

Comme je l’indiquais dans un précédent éditorial, il est frappant de constater, en France, que la courbe de progression de la financiarisation est la même que celle de la progression du chômage.

Sortir de l’austérité, c’est aussi s’attaquer à la financiarisation.

A propos de cet article

Sur l’auteur

Jean-Claude Mailly

Secrétaire général de FO


Marche générale de l’Organisation - Expression publique - Relations avec les Fédérations Nationales et les Unions Départementales - CSI/CES


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Éphéméride

26 février 1848

Affiche proclamant la République Française
RÉPUBLIQUE FRANCAISE Liberté, Égalité, Fraternité Au nom du Peuple Français ! Citoyens : La royauté est abolie. La République est proclamée. Le Peuple est uni. Tous les fort qui environnent la capitale sont à nous. La brave garnison de Vincennes est une garnison de frères. Conservons avec respect ce (...)


RÉPUBLIQUE FRANCAISE

Liberté, Égalité, Fraternité

Au nom du Peuple Français !

Citoyens :

La royauté est abolie.
La République est proclamée.
Le Peuple est uni.
Tous les fort qui environnent la capitale sont à nous.
La brave garnison de Vincennes est une garnison de frères.
Conservons avec respect ce vieux drapeau républicain dont les trois couleurs ont fait avec nos pères le tour du monde.
Montrons que ce symbole d’égalité, de liberté, de fraternité, est en même temps le symbole de l’ordre et de l’ordre le plus réel, le plus durable, puisque la justice est la base et le peuple entier l’instrument.
Le peuple a déjà compris que l’approvisionnement de Paris exigeait une plus libre circulation dans les rues de Paris, et le mains qui ont élevé les barricades ont, dans plusieurs endroits, fait dans ces barricades une ouverture assez large pour le libre passage des voitures de transport.
Que ce bel exemple soit suivi partout ; que Paris reprenne son aspect accoutumé ; que le peuple veille à la fous au maintien de ses droits, et qu’il continue d’assurer, comme il l’a fait jusqu’ici, la tranquillité et la sécurité publiques.

Dupont (de l’Eure),
Lamartine,
Garnier-Pagès,
Arago,
Marie,
Ledru-Rollin,
Crémieux ;
Louis Blanc,
Marrast,
Flocon,
Albert (Ouvrier).

Fait à Paris, le 28 Février 1848