Loi Travail

En tête de la manif contre la loi Travail, Jean-Claude Mailly appelle à un vrai dialogue social

, Nadia Djabali

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Manifestation contre le projet de loi Travail du 23 juin 2016 à Paris. Photographie : F. Blanc / FO Hebdo - CC BY-NC 2.0

Plus de 120 rassemblements et défilés, ont eu lieu ce jeudi 23 juin dans toute la France. A Paris, la manifestation était très encadrée du fait du parcours choisi pour éviter les incidents. Elle s’est déroulée aussi sous haute surveillance. Au-delà de l’épisode interdiction puis autorisation du cortège, l’essentiel demeure le projet de loi Travail.

Crème solaire, banderoles et maillots de bain : le tweet de FO Haute-Savoie se veut bon enfant. Rendez-vous est pris devant la préfecture d’Annecy. Un peu plus d’un millier de personnes sont venues.

Même chiffre pour le défilé du Puy-en-Velay et à Metz.

A Marseille, ils étaient plusieurs milliers dans les rues du centre-ville.

Dans le Var, les militants FO ont effectué une distribution de tract au péage de Bandol.

Au Mans c’est par une votation sur la place de la République qu’ont débuté les festivités.

A Rodez, Avranches, Millau, Decazeville, Carcassonne, Montluçon, les rassemblements ont eu lieu en fin de journée.

Accès filtrés à Paris

A Paris, casquettes et lunettes de soleil de rigueur. 60 000 manifestants ont longé le bassin de l’Arsenal sous un soleil de plomb. La place de la Bastille n’a pas désempli. Si bien que la tête du cortège avait fini sa boucle alors que les derniers manifestants n’avait pas encore pu démarrer.

Les autorisations de la préfecture en poche, Antoine a garé à 11h la camionnette FO sur l’itinéraire. « Nous avons gonflé le ballon. Ensuite nous avons attendu nos militants qui sont arrivés au compte-goutte à cause des contrôles. Aujourd’hui, c’était un peu compliqué. »



Syndiqué depuis 1996, il en a vu des manifestations. C’est selon lui le premier mouvement aussi long depuis les grèves de 1995, « avec en prime un Premier ministre qui ne veut pas en démordre. » Et les épisodes interdiction, autorisation de la manifestation parisienne ? « Il y avait une volonté gouvernementale de montrer qu’ils étaient en capacité de faire taire les syndicats. Ce qui était une erreur manifeste. »

Le fond du problème reste la loi Travail

Quant à l’inversion de la hiérarchie des normes, Antoine explique que l’entreprise est l’endroit où la pression est la plus forte sur les délégués syndicaux. « On sait très bien que ce sont les accords de compétitivité qui vont leur être proposés et qu’ils seront "insignables" ». Derrière cela se profile la mise en échec du syndicalisme « et le recours au referendum d’entreprise pour au bout du bout se débarrasser des syndicats. Si on a légitimement recours au referendum dans les entreprises alors à quoi bon organiser des élections. »

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Manifestation parisienne contre le projet de loi Travail du 23 juin 2016. Photographie : F. Blanc / FO Hebdo - CC BY-NC 2.0

Défense de la liberté syndicale

Laurent, lui a fait le déplacement à Paris avec une vingtaine de militants FO de l’Eure. Cette manifestation remplit pour lui deux fonctions : d’abord demander le retrait de la loi mais également pour la défense de la liberté syndicale et la démocratie. « Il y a des raisons de s’inquiéter lorsqu’on commence à interdire les manifestations syndicales. La précédente interdiction remonte à 1962 et celle d’avant au gouvernement de Vichy. » Ce qui historiquement n’est pas très heureux. « Mais il n’est pas étonnant que cette attaque contre le droit de manifester ait lieu à l’occasion de la contestation contre la loi Travail, » remarque-t-il. « Cela prouve que le gouvernement est prêt à mettre en œuvre la pire régression sur les droits pour faire passer la pire régression sociale. »

Propositions et contrepropositions

Pour Kelly, les casseurs ne servent que de prétexte pour discréditer un mouvement qui fait peur aux autorités. Elle est venue manifester de manière pacifique contre ce qui reste le problème numéro un : la loi Travail.

Un avis partagé par le secrétaire général de FO. « Ce qui m’importe c’est de repasser au fond du problème, c’est-à-dire au projet de loi, » confie Jean-Claude Mailly. Il ajoute que FO a fait des propositions et des contrepropositions. « Nous avons fait preuve de souplesse tout en restant fidèles à ce que nous disons depuis le début. Donc j’attends du gouvernement et notamment du Premier ministre qu’il ait la même souplesse que nous. » Et cela passe par l’ouverture d’un véritable dialogue social.

Prochain rendez-vous : le 28 juin pour une nouvelle journée d’actions qui verra la remise des votations dans les préfectures et au gouvernement.