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Jean-Claude Mailly : « Les députés vont faire un choix historique dans l’histoire des relations sociales »

, Nadia Djabali

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L’agenda de la mobilisation contre le projet de loi Travail a pris un sérieux coup d’accélérateur alors que le parlement a débuté l’examen du texte le 3 mai.

Le 28 avril, 200 cortèges ont battu le pavé dans toute la France. Trois jours, plus tard, le défilé du 1er mai s’est déroulé sous le signe de la mobilisation contre le texte. 281 défilés dans l’hexagone. 70 000 manifestants à Paris, 12 000 à Toulouse, 5 000 à Nantes et à Lyon.

Dernier événement en date : celui du 3 mai, place des Invalides. Les syndicats (FO, CGT, FSU, Solidaires, Unef, Fidl et UNL) ont voulu interpeller les députés. Quelques milliers de personnes se sont donc rassemblées à proximité du palais Bourbon pour faire passer le message. Un peu plus loin : les calicots blancs de la CFE-CGC qui a également organisé un rassemblement sur l’esplanade. En suspension dans l’air : le drone de la préfecture de police qui survole le tout.

Fidélité ou trahison ?

Juste avant la prise de micro des sept secrétaires généraux et porte-paroles des organisations syndicales, une dreamteam de sept musiciens a pris place sur la plateforme du camion podium. Elle entame un premier morceau bien connu du public : l’Internationale version swing agrémenté d’envolées latino.

C’est l’UNL qui ouvre le bal de la prise de parole. Jean-Claude Mailly, lui, clôt les festivités. A la tribune, il rappelle le problème clé de la loi : l’inversion de la hiérarchie des normes qui déstructure complètement la négociation collective. « C’est un principe de la République sociale obtenu en 1936. J’ai cru comprendre qu’aujourd’hui, le gouvernement allait célébrer les 80 ans du Front populaire. On va voir s’il est fidèle au Front populaire ou s’ils trahissent Léon Blum. »

Première lecture jusqu’au 17 mai

Quelques minutes avant son discours, le secrétaire général de FO expliquait aux journalistes que tant que le gouvernement ne bougerait pas sur la hiérarchie des normes, Force ouvrière n’aurait aucune raison de changer de revendications. « Nous sommes toujours sur le retrait. »

Au-delà de cette ligne rouge, d’autres pierres d’achoppements sont également à signaler : les licenciements économiques, la médecine du travail, le referendum en entreprise.

« Les députés vont faire un choix historique dans l’histoire des relations sociales. », poursuit-il. La première lecture à l’Assemblée nationale du projet de loi Travail devrait se dérouler jusqu’au 17 mai. Et d’ici-là tout peut arriver… Le projet de loi peut encore être modifié par les députés. « Quand je rencontre des députés en province, y compris des députés socialistes qui ne sont pas obligatoirement frondeurs, eux comprennent le contenu de ce projet de loi. Et, lorsqu’on leur explique, ils sont un peu troublés. Donc nous allons continuer notre travail. »

Prochain rendez-vous le 12 mai dans toute la France, pour une nouvelle journée d’actions. Objectif : maintenir la pression sur le gouvernement et interpeller les députés.

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