Retraite

L’espérance de vie diminue pour la première fois depuis 1969

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Selon les dernières statistiques publiées le mardi 19 janvier par l’Insee, l’espérance de vie à la naissance a reculé en France. En 2015, l’espérance de vie à la naissance diminue de 0,3 an pour les hommes et de 0,4 an pour les femmes. Cette diminution s’explique pour l’essentiel par la hausse de la mortalité après 65 ans enregistrée cette année. Dans les conditions de mortalité de 2015, une femme vivrait en moyenne 85 ans et un homme 78,9 ans (figure 5).

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Même si sur longue période l’espérance de vie à la naissance s’accroît, des baisses ont déjà été observées par le passé. D’ampleur un peu plus limitée, elles n’avaient alors touché que les femmes (- 0,2 an en 2012 par exemple).L’espérance de vie à 60 ans diminue également : en 2015, à cet âge, une femme peut espérer vivre encore en moyenne 27,3 ans contre 27,7 en 2014 et un homme 22,9 ans contre 23,1 en 2014. En 2015, l’espérance de vie des femmes à la naissance est supérieure de 6,1 ans à celle des hommes. En 1946, cet écart était de plus de 5 ans. Il a crû tendanciellement durant 30 ans, pour atteindre plus de 8 années entre 1976 et 1995. Depuis cette date, il se réduit sous l’effet de gains d’espérance de vie masculins légèrement supérieurs aux gains féminins.

En 2015, 600 000 personnes sont décédées en France ; il s’agit du niveau le plus élevé depuis l’après-guerre. Le nombre de décès a augmenté de 41 000 (+ 7,3 %) par rapport à 2014, après deux années de recul. Si les taux de mortalité à chaque âge ne variaient pas, l’augmentation du nombre de personnes de 65 ans ou plus conduirait à une hausse tendancielle du nombre des décès. Les années passées, cette hausse était atténuée et parfois plus que compensée par la baisse de la mortalité. En 2015, au contraire, les taux de mortalité se sont accrus, particulièrement aux âges élevés. Cette hausse de la mortalité est liée principalement à des conditions épidémiologiques et météorologiques peu favorables. Chaque mois, plus de personnes sont décédées en 2015 qu’en 2014, avec trois épisodes de surmortalité. Tout d’abord, les trois premiers mois de l’année 2015 ont été marqués par 24 000 décès supplémentaires par rapport à la même période en 2014. L’épisode grippal, long (9 semaines) et de forte intensité, a eu un impact relativement sévère chez les personnes de 65 ans ou plus. Le vaccin n’était pas efficace contre certains virus et la couverture vaccinale des personnes de plus de 65 ans a baissé. En outre, le virus majoritaire lors de cet épisode est connu pour avoir provoqué des complications chez les personnes fragiles. Ensuite, au mois de juillet 2015, caniculaire, 2 000 décès supplémentaires ont eu lieu par rapport à juillet 2014.

Enfin, 4 000 personnes supplémentaires sont décédées en octobre 2015 par rapport à octobre 2014, probablement en raison des vagues de froid survenues au milieu du mois.

Voir en ligne : Bilan démographique 2015 – Insee