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Chômage : FO dubitative sur le plan de 500 000 formations

, Clarisse Josselin

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La délégation FO reçue à Matignon le 11 janvier dans le cadre des rencontres bilatérales liées au « Plan d’urgence pour l’emploi ». © F. BLANC

La mise en place d’un plan massif de formation des chômeurs peu qualifiés fait partie des mesures pour l’emploi que François Hollande doit détailler le 18 janvier. Pour FO, cet objectif semble difficilement réalisable.

Une délégation FO a été reçue le 11 janvier par le Premier ministre et la ministre du Travail pour une consultation sur le futur plan pour l’emploi de François Hollande. La confédération en attendait des précisions sur la principale mesure déjà dévoilée, 500 000 formations pour les chômeurs peu qualifiés.

« La mise en place et la faisabilité de ces formations feront l’objet d’un séminaire fin janvier avec le gouvernement, les interlocuteurs sociaux, les Régions et Pôle emploi », a expliqué Jean-Claude Mailly à l’issue de la rencontre.

Ces formations cibleront les emplois d’avenir, notamment ceux liés à la transition énergétique, et seront bâties avec Pôle emploi en fonction des besoins au niveau local.

Sur le principe, FO ne peut que s’en féliciter. Actuellement, seuls 10 % des demandeurs d’emploi suivent une formation chaque année. Comme l’avait précisé la ministre du Travail qui avait reçu une délégation le 5 janvier, en cas d’éventuelle reprise économique ce sont des emplois qualifiés qui seront essentiellement créés.

Mais, même si cette opération inclut les 150 000 formations déjà annoncées en octobre dernier lors de la conférence sociale, le plan reste massif. Et cet objectif semble peu réalisable à Stéphane Lardy, secrétaire confédéral chargé du chômage et de la formation :« Actuellement, il y a 680 000 entrées en formation de chômeurs chaque année et on ne sait pas d’où sort ce chiffre de 500 000 », précise-t-il. Il ajoute que leur mise en place prendra plusieurs mois.

Une opération estimée à 1 milliard d’euros

Surtout, FO se pose la question du financement de l’opération, estimée à près d’un milliard d’euros « même si ça n’est pas complètement arbitré », tempérait le 5 janvier la ministre du Travail. La formation des demandeurs d’emploi est financée en premier lieu par les Régions puis Pôle emploi, les interlocuteurs sociaux, via les fonds de la formation professionnelle qu’ils gèrent paritairement, et l’État.

En 2013, François Hollande avait déjà lancé un premier plan prioritaire de formation ciblant les métiers non pourvus pour 30 000 demandeurs d’emploi. Ils étaient 100 000 bénéficiaires en 2014 puis en 2015. Selon Pôle emploi, en 2014, six mois après la fin de leur formation, 42 % de ces bénéficiaires avaient un emploi durable (six mois ou plus), contre 37,2 % pour ceux qui avaient suivi une formation classique. Pour FO, ce résultat en terme d’emploi reste très insuffisant et démontre bien la nécessité en parallèle que l’économie et les choix politiques en la matière conduisent à la création d’emplois pérennes qui garantissent aux chômeurs en formation un véritable débouché sur le marché du travail. 


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Ce texte, porté par Myriam El Khomri, portera sur la réécriture du Code du travail, le temps de travail, le CPA, la négociation collective, la médecine du travail, la restructuration des branches, un barème d’indemnisations prud’homales... Il pourrait aussi intégrer le projet de loi Noé d’Emmanuel Macron sur le numérique. Sur ce point, FO s’en féliciterait, estimant que « les questions sociales relèvent du ministère du Travail ». Il passera en Conseil des ministres début mars, pour un vote programmé avant l’été.

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