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La croissance des salaires ralentit dangereusement alerte l’OIT

, Evelyne Salamero

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Salariés britanniques en grève, manifestant notamment pour la revalorisation de leur salaire. Swindon, Angleterre, décembre 2016. © John HARRIS/REPORT DIGITAL-REA

Après avoir brusquement chuté en 2008, et s’être redressée en 2010 sans toutefois retrouver son niveau d’avant la crise, la croissance des salaires réels a recommencé à s’essouffler depuis 2012, pour atteindre fin 2015 son plus bas niveau sur quatre ans, constate l’OIT.

Les salaires n’ont progressé que de 1,7 % en 2015 à l’échelle mondiale au lieu de 2,5% en 2012 (3,4 % en 2007), alerte l’OIT dans un rapport publié à la mi-décembre. Si l’on exclut les résultats de la Chine, le taux de croissance des salaires réels tombe à 0,9 % en 2015 contre 1,6 % en 2012 (2,6 % en 2007).

Pourquoi un tel ralentissement ? Alors que la croissance mondiale des salaires reposait essentiellement, depuis longtemps, sur leur augmentation dans les pays émergents et en développement, cela n’est plus du tout le cas depuis 2012. Toujours en faisant abstraction de la Chine, le taux de croissance des salaires y a au contraire beaucoup faibli, passant ainsi de 6,6 % en 2012 à 2,5 % en 2015 dans les pays émergents ou en développement du G20. La dégringolade a été la plus sévère en Europe orientale et en Amérique latine (et aux Caraïbes), où il ne s’agit plus d’un ralentissement de la croissance mais bien d’une baisse des salaires réels en 2015, de respectivement 5,2 % et 1,3 % pour ces deux régions.

Certes, le taux de croissance des salaires a au contraire augmenté ces quatre dernières années dans les pays développés, indique l’OIT : de 0,2 % à 1,7 % pour ceux du G20, soit le taux le plus élevé depuis une dizaine d’années, du fait avant tout d’une accélération de la croissance des salaires aux États-Unis et en Allemagne.

Menace de déflation mondiale

50 %

C’est la chute du taux de croissance des salaires à l’échelle mondiale de 2007 à 2015.

Mais cette reprise dans les pays développés n’a pas suffi à compenser la dégradation dans les pays en développement. Surtout, il n’est pas encore sûr que cette évolution encourageante se poursuive durablement car les pays développés sont confrontés à des incertitudes économiques, sociales et politiques grandissantes, explique Deborah Greenfield, directrice générale adjointe de l’OIT.

L’auteur du rapport, Rosalia Vasquez-Alvarez, relève aussi que la croissance des salaires est restée dans de nombreux pays bien en deçà de celle de la productivité, avec une chute de la part du PIB consacrée au travail, notamment sous la pression des actionnaires.

Il faut éviter que de trop nombreux pays ne mènent simultanément des politiques de modération salariale, ou ne procèdent à des coupes salariales pour soutenir la compétitivité et les exportations, au risque d’entraîner une chute de la demande globale ou une déflation à l’échelle régionale ou mondiale, insiste l’OIT, qui en appelle à une coordination des politiques à l’échelle mondiale et salue l’inscription des politiques salariales à l’ordre du jour des dernières réunions du G20. 

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Evelyne Salamero

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