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La difficile insertion professionnelle des jeunes

, Nadia Djabali

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Photographies : F. Blanc (CC-BY-NC 2.0)

Au programme de la rencontre annuelle des jeunes syndicalistes FO, une réflexion sur les évolutions du monde du travail et les moyens de réenchanter l’avenir d’une classe d’âge particulièrement exposée aux contrats précaires.

Effervescence 141 avenue du Maine où 230 militants se sont retrouvés pour la rencontre annuelle des jeunes syndicalistes. Une rencontre organisée par FO Jeunes qui, compte tenu des transformations du monde du travail, a souhaité axer sa réflexion sur la construction du monde de demain.

Et concernant les 15-24 ans, il y a de quoi faire. Une étude sur l’insertion professionnelle des jeunes publiée le 24 janvier par France Stratégie et la Dares dresse un portrait préoccupant d’une classe d’âge qui peine à trouver des débouchés sur le marché du travail. En passant de 7 % à 24 % en 40 ans, le taux de chômage des jeunes de 15-24 ans a été multiplié par 3,5.

Les moins diplômés à la diète

L’étude constate également un sur-chômage qui persiste dix ans après l’entrée sur le marché du travail. 13,8 % des 20-24 ans sont au chômage. Et cela ne s’arrange pas ensuite puisque 15 % des 15-29 ans ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation. Mais tous ne sont pas logés à la même enseigne. Le taux de chômage chez les moins diplômés est trois fois supérieur à celui des diplômés de l’enseignement supérieur.

La question de l’apprentissage a également été au centre d’une des tables rondes. De nombreuses formations hautement qualifiées intègrent désormais ce statut dans leurs cursus alors qu’il est en perte de vitesse dans les formations les moins qualifiées. Parmi les revendications de FO : la révision des grilles de rémunérations des apprentis, encore trop souvent considérés comme des salariés de seconde zone. Et que soit mise en place une vraie formation pour les tuteurs.

Des freins à l’emploi

Pour l’insertion des jeunes, FO demande que plus de moyens soient octroyés aux missions locales qui à l’origine devaient également s’occuper des freins périphériques à l’emploi. Des freins constitués par des difficultés de déplacement, notamment par ceux qui ne sont pas titulaires du permis de conduire. Autres freins répertoriés : la non-maîtrise du numérique, un mauvais état de santé, l’absence de logement ou de couverture sociale.

Il y a un vrai travail syndical à effectuer auprès des nombreux jeunes inscrits en intérim, constate Elisa Noyer, référente FO jeunes à la Fédération des Métaux. Mais du fait de leur statut, il est difficile de les rencontrer. Même problème avec les jeunes en CDD qui multiplient les contrats et les employeurs différents. 35% des 15-29 ans ont un contrat temporaire (CDD, intérim, apprentissage). Et au bout de ces contrats précaires, le CDI a de plus en plus de mal à creuser un sillon. Or, l’a rappelé Michel Beaugas, secrétaire confédéral, pour FO, le CDI doit rester la norme.

La peur de se syndiquer

La question de la poule et de l’œuf peut-elle s’appliquer à la précarité grandissante des jeunes et à leur taux de syndicalisation très marginal ? Une chose est sûre : l’engagement syndical est fortement corrélé à la stabilisation de leur situation professionnelle. Les jeunes qui se syndiquent attendent d’avoir signé un CDI avant prendre une carte. En 2013, moins de 5 % des moins de 35 ans étaient syndiqués. Le taux descend à moins de 2,5% pour les moins de 25 ans. Ce qu’on entend souvent, c’est qu’ils ne veulent pas que leur patron sache qu’ils sont syndiqués, raconte Clara Poux, référente Jeune à l’union départementale FO de l’Aveyron. Cela s’arrange après le stage FO découverte lorsqu’ils y découvrent des jeunes qui leur ressemble et qui sont, comme eux, isolés dans leur boîte.

La formation syndicale est primordiale

Pour lutter contre ce sentiment d’isolement, la formation et l’information des militants est primordiale : Plus on se forme, plus on se sent légitime donc plus fort pour négocier avec son employeur, a martelé Philippine Arnal-Roux, créatrice du site www.trouver-une-formation-ce.com.

Pour Fredéric Souillot, secrétaire confédéral du secteur formation syndicale le militantisme, c’est être proche des gens que l’on représente et la formation permet de construire des équipes de militants qui agissent collectivement.

Voir en ligne : Retrouvez les photos de la journée FO Jeunes

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