Congrès de Fédération

La Fasap veut des adhérents dans toutes les entreprises de son secteur

, Clarisse Josselin

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Le XVIIIe congrès de la Fédération des syndicats des arts, des spectacles, de l’audiovisuel, de la presse, de la communication et du multimédia (FASAP) s’est tenu les 1er et 2 juin en Avignon.

Dans son discours d’ouverture, Françoise Chazaud, secrétaire générale réélue pour un quatrième mandat, s’est félicitée du dynamisme et du « rayonnement » grandissants de la fédération. Elle a appelé les congressistes à se battre pour que la fédération soit « présente dans toutes les entreprises de [son] champ » d’activité.

Les revendications fondamentales du Congrès dans sa résolution sociale concernent l’emploi, la nature des contrats et les salaires. Sur l’emploi, il dénonce l’utilisation abusive de contrats courts (CCD, CDD d’usage et pigistes). Il dénonce aussi l’utilisation abusive du statut d’artiste-auteur pour les emplois qui devraient être salariés, comme les graphistes.

Dans son rapport d’activité, Françoise Chazaud appelle au « respect des conventions collectives, notamment sur les mécanismes de requalification en CDI et la qualification ». Le Congrès s’inquiète par ailleurs de la diminution d’année en année du nombre de journalistes professionnels depuis 2010 et exige l’arrêt des suppressions de postes.

La secrétaire générale s’inquiète de l’accélération de « la concentration des sociétés privées de production, de prestations et de diffusion » au niveau national comme international. « La constitution de grands groupes multimédias comme Endemol ou RTL menacent à terme la diversité culturelle » avec un « formatage de plus en plus généralisé des programmes et une standardisation des contenus propre à rassurer les annonceurs publicitaires » explique-t-elle dans son rapport d’activité.

Dans ce « contexte de concurrence acharnée », les salariés sont « les premières victimes des déréglementations et restructurations en cours ». Elle pointe « l’élargissement du dumping social à l’échelle européenne, avec une mise en concurrence par les délocalisations de tournages dans les pays à bas salaire et une flexibilisation croissante des contrats de travail. »

Droits d’auteur spoliés sur internet

Sur les salaires, le Congrès condamne toute individualisation des rémunérations et réclame une augmentation générale. Il revendique une revalorisation des barèmes nationaux dans l’audiovisuel et une application des minimas de la presse aux journalistes travaillant pour le web. Par ailleurs, le Congrès s’insurge contre les milliards d’euros de droits d’auteurs dont les artistes ont été spoliés par l’utilisation de leur travail sur internet.

L’un des gros dossiers du secteur concerne le régime spécifique d’allocation-chômage des intermittents du spectacle, presque exclusivement embauchés en CDD d’usage. FO a signé en mars 2014 la nouvelle convention d’assurance-chômage qui garantit pour deux ans le maintien des annexes 8 et 10 (définissant ces règles spécifiques d’indemnisation), alors que le Medef souhaitait les supprimer. Le Congrès a réaffirmé dans sa résolution sociale son attachement à ces annexes, garanties par la convention d’assurance-chômage.

La fédération se bat aussi dans le domaine de l’égalité femmes/hommes. « Plusieurs accords ont été signés par branche et par entreprise, mais les employeurs peinent à les appliquer », dénonce Françoise Chazaud dans son rapport d’activité.

Ainsi, dans le cinéma, le salaire des femmes est inférieur de 30,7% à celui des femmes. Si ces dernières représentent 86% des emplois dans le décor, elles ne sont plus que 32% dans la réalisation. De même, seulement 28% des journalistes femmes traitent des sujets d’actualité dans les médias alors qu’elles forment 60% des diplômés des écoles de journalisme et 45% des effectifs des rédactions.