Idées - FO Hebdo

La journée égalité professionnelle des référents de Force Ouvrière

, Mathieu Lapprand

Recommander cette page

Sexisme et santé, violences faites aux femmes au travail, homophobie en entreprise, autant de thèmes qui ont été abordés lors de la journée des référents égalité professionnelle au siège confédéral le 8 mars 2016.

La journée des référents égalité de Force Ouvrière s’est tenue au siège de la confédération le 8 mars. Jean-Claude Mailly a introduit les débats en rappelant l’importance pour la confédération de ce combat et les risques pour l’égalité professionnelle contenus dans l’avant projet de loi travail.

Sexisme et santé

Jocelyne Marmande, secrétaire confédérale chargée de la protection sociale, est intervenue sur le lien entre les comportements sexistes et l’état de santé des victimes de ces comportements. « Ma belle », « T’es une femme tu ne vas pas y arriver », « Tu dois aller chercher les gosses » sont autant de manifestations du sexisme ordinaire. Jocelyne Marmande a ainsi rappelé que « quelque soit le comportement hostile, il a des conséquences sur la santé des victimes ». Elle a également cité l’étude du cabinet Technologia montrant que 3,2 millions de salariés sont en situation de risque élevé de burn-out avec une forte prévalence des femmes parmi ces salariés fragilisés.

Homophobie en entreprise

Catherine Tripon, porte-parole de L’autre cercle, association luttant contre les discriminations dans le monde du travail, a ensuite diffusé quelques vidéos de témoignages de salariées transsexuelles, Florence, ingénieure dans l’aviation civile et Carole, chauffeur routier. Ces témoignages ont montré les difficultés rencontrées par ces salariées au moment de leur transition, comment elles l’ont éventuellement annoncé à leurs collègues... L’intervenante est ensuite revenue sur le corollaire entre sexisme et homophobie. Elle a rappelé qu’au niveau syndical, s’il n’y avait plus de problème de ce type au niveau des confédérations, il pouvait encore arriver que, sur le terrain, la situation soit plus compliquée. Or ces salariés font partie du collectif et doivent être défendus comme tous les autres. Catherine Tripon est revenue sur l’un des leviers de la lutte contre l’homophobie, « ne plus autoriser les propos déplacés ». Une recommandation confirmée par le secrétaire de l’UD de la Creuse, Sébastien Trocellier qui a confirmé les propos de l’intervenante en décrivant les difficultés auxquelles il devait faire face en tant que secrétaire d’UD et homosexuel.

Les violences faites aux femmes au travail

Les violences faites aux femmes au travail ont ensuite été abordées par Marilyn Baldeck, déléguée générale de l’AVFT(Association Européenne contre les violences faites aux femmes au travail). Elle a rappelé les chiffres issus d’une enquête de l’Ifop de 2014 montrant que « 20% des femmes actives ont été victimes de harcèlement sexuel au moins une fois au cours de leur carrière. Parmi elles, 30% n’en avaient jamais parlé à personne, 40 % ont ensuite perdu leur travail et seules 5% ont entamé des poursuites judiciaires ». Elle a également précisé que les organisations syndicales n’étaient pas identifiées en tant qu’interlocutrice face à une situation de harcèlement.

Marilyn Baldeck a également rappelé « que le portrait robot de la victime de violences sexuelles au travail ne comportait pas de caractéristiques sociales, religieuses, culturelles mais que massivement les victimes sont des femmes. Et quand les victimes sont des hommes, les agresseurs sont aussi la plupart du temps des hommes ». Elle est enfin revenue sur la nouvelle définition du délit de harcèlement sexuel suite à son abrogation par le Conseil Constitutionnel en 2012 et sur les obligations de résultat des employeurs, en termes de prévention des risques

Pour une femme, la semaine de travail avec un enfant atteint les 70h

France Sponem, présidente au comité des femmes de la CES de 2013 à 2015 est ensuite revenue sur un des leviers pour inciter les employeurs à mettre en oeuvre des actions de prévention et garantir la santé de leurs salariés : le coût économique de la violence en entreprise étant particulièrement lourd. Elle a également rappelé que certains grands groupes commençaient à prendre aussi en considération les effets des violences conjugales en proposant à leurs salariés victimes le soutien notamment d’une assistante sociale.

Brigitte Gresy, secrétaire générale du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle a conclu cette journée en revenant sur les travaux réalisés par le conseil en dénonçant les stéréotypes sexistes, notamment publicitaires. Elle est également revenue sur « le travail restant à réaliser pour que les victimes se tournent plus facilement vers les organisations syndicales ».

La journée s’est conclue sur un appel à la mobilisation pour la manifestation du 9 mars contre l’avant projet de loi travail.

A propos de cet article

Sur l’auteur

Sur le même sujet

Vidéos sur le même sujet

Mots-clés associés

En complément

Agenda

Tous les événements à venir