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Le parcours du Tour de France 2017 dévoilé

, Baptiste Bouthier

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© A.S.O. 2016

Cyclisme Trois mois après le troisième sacre de Chris Froome sur les Champs-Élysées, le Tour de France a dévoilé mardi 18 octobre son parcours pour la prochaine édition, qui se tiendra du 1er au 23 juillet 2017. Si le Grand Départ – à Düsseldorf, en Allemagne – et l’arrivée – à Paris évidemment, comme tous les ans depuis 1903 – étaient connus, le reste du menu restait encore secret…

Le voile s’est donc levé sur un parcours fait pour les audacieux, comme le résume le directeur de l’épreuve, Christian Prudhomme. Après l’orgie de montagne vue en 2016, le programme a été légèrement allégé, mais pas trop quand même : pour la première fois depuis 1992, la Grande Boucle va même rendre visite aux cinq massifs majeurs de l’Hexagone – dans l’ordre d’apparition, les Vosges, le Jura, les Pyrénées, le Massif central et les Alpes. D’ailleurs, si l’on en doutait, c’est bien dans les cols que se jouera la victoire finale puisque les étapes contre-la-montre seront à nouveau très courtes : 13 kilomètres le premier jour, à Düsseldorf, puis 23 seulement, la veille de l’arrivée à Paris, à Marseille, via le stade Vélodrome et l’ascension de Notre-Dame-de-la-Garde !

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Le parcours du Tour de France 2017
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Il n’y aura néanmoins que deux étapes dans les Alpes et les Pyrénées, habituées à plus d’exposition. On veut équilibrer les massifs montagneux. On cherche à innover tout en respectant les racines, se justifie Christian Prudhomme. De fait, tout au long des quelque 3 500 kilomètres prévus l’été prochain, le dessinateur du Tour a essaimé nombre de nouveautés, mais aussi quelques classiques. Dès la cinquième étape, la première arrivée au sommet, dans les Vosges, aura lieu à La Planche des Belles Filles, déjà vue en 2012 et 2014. Trois jours plus tard, le Jura proposera une première étape difficile du côté des Rousses avant, le lendemain, un parcours dantesque via le col de la Biche, le Grand Colombier et le mont du Chat, trois difficultés aux pentes assassines.

« Un parcours fait pour les audacieux »

Après un transfert est-ouest, ce seront les Pyrénées : une étape plutôt classique passant par le col de Menté, le port de Balès et le col de Peyresourde d’abord, puis une 13e étape inattendue, longue de 100 kilomètres à peine, avec trois cols à gravir (Latrape, Agnes et mur de Péguère). Le peloton se dirigera ensuite vers le Massif central, où l’étape du Puy-en-Velay semble promise aux baroudeurs, avant les deux étapes alpestres : la première très classique mais très dure, avec un enchaînement Croix-de-Fer, Télégraphe, Galibier à faire frémir ; la seconde innovante, avec une arrivée au sommet du col d’Izoard, perché à 2 360 mètres d’altitude. C’est là-haut, dans le décor sublime de la Casse déserte, que se fixera avec une quasi-certitude l’identité du vainqueur de ce Tour 2017. Vivement juillet ! 

Zoom : Du changement pour le Tour
Le Tour évolue… et pas que dans son parcours. La présentation de l’édition 2017 a été l’occasion d’officialiser un changement de barème pour le classement du meilleur grimpeur, qui devrait permettre à davantage de coureurs d’espérer porter le maillot à pois. Surtout, Christian Prudhomme a affirmé sa volonté de réduire le nombre de coureurs de neuf à huit dans chaque équipe. L’idée serait de diminuer leur force collective, et donc de favoriser les offensives. Rien ne peut néanmoins être décidé sans l’accord de l’Union cycliste internationale.

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Éphéméride

21 février 1884

La grève des mineurs d’Anzin
Article de René Gibère paru dans Force Ouvrière n°491, daté du 7 juillet 1955. _ Ce n’était pas la première fois que les ouvriers mineurs du bassin houiller d’Anzin se mettaient en grève pour obtenir l’amélioration de leur condition d’existence. Pendant les années de 1833, 1846, 1848, 1855, 1864, 1866, (...)

Article de René Gibère paru dans Force Ouvrière n°491, daté du 7 juillet 1955.
_ Ce n’était pas la première fois que les ouvriers mineurs du bassin houiller d’Anzin se mettaient en grève pour obtenir l’amélioration de leur condition d’existence. Pendant les années de 1833, 1846, 1848, 1855, 1864, 1866, 1872, 1874, 1878, 1879, 1880, ils luttent et revendiquent tantôt pour des mesures de sécurité et d’hygiène dans le travail. Parfois ils atteignent leurs objectifs, mais souvent, ils se heurtent à l’incompréhension et au refus brutal de la Compagnie. Au cours de ces grèves successives, les mineurs prenaient chaque fois leur responsabilité avec gravité et discernement, même lorsque la grève avait pour conséquence le licenciement. Cependant, les actions revendicatives, dès le début, développèrent leur esprit combatif, leur force morale et leur sentiment de solidarité.
La grève qui éclata le 21 février 1884 et se prolongea jusqu’au 17 avril, fut provoquée par la Compagnie de houillère elle-même qui imposa brusquement un changement dans l’organisation du travail des mineurs. En effet, la Compagnie avait décidé que : 1° Les ouvriers seraient responsables de leurs travaux pendant toute la durée de leur galerie, et que de ce fait les vieux et les jeunes ouvriers seraient supprimés ; 2° L’ouvrier devra se surcharger de bois pour les réparations ; 3° La Compagnie ne fera plus de remblais, de là des éboulements seront très fréquents ; 4° L’entretien de la voie ferrée, le matériel et la responsabilité des accidents, seraient à la charge des mineurs. Les ouvriers jugèrent cette modification inacceptable. Basly, secrétaire général de la Chambre syndicale, dans une lettre, adressée aux députés et aux autorités du département du Nord, expliqua et justifia l’opposition des mineurs à ce nouveau mode de travail, préjudiciable à leur santé et à leur salaire, déjà au-dessous du minimum (3 fr. 50 par jour).
À la suite d’un entretien qui eut lieu entre la délégation syndicale et la Compagnie, cette dernière maintenant sa décision, les mineurs décidèrent la grève, dans un commun accord. « Considérant que le gouvernement n’est pas intervenu en leur faveur, disait un manifeste syndical, destiné aux mineurs, que la Chambre et les commissions d’enquête se prononcent contre eux, les délégués se réservent comme dernière arme d’inviter les autres ouvriers des Charbonnages de France à se mettre en grève ». (On sait qu’à la suite de ce manifeste, des mineurs, réunis à Saint-Étienne, votèrent contre la grève générale et refusèrent de s’associer au mouvement). Les travailleurs de la Mine d’Anzin revendiquèrent le rétablissement de l’ancien système de travail et la réintégration des ouvriers congédiés pour des grèves antérieures. Or, la Compagnie resta inébranlable dans sa position, et voyant la résistance opiniâtre des grévistes, elle licencia, par surcroît, 140 mineurs syndiqués.
La misère dans les familles de mineurs était telle qu’à Denain, des manifestations violentes eurent lieu, suivies de sanglantes échauffourées entre les mineurs et les gendarmes. Pour éviter de nouvelles collisions, des troupes furent envoyées pour occuper toutes les fosses. Des grévistes qui protestèrent contre l’intervention de l’armée, furent emprisonnés et condamnés de la jours à 3 mois de prison.
À la Chambre, le député socialiste Clovis Hugues interpella le gouvernement sur « la présence de l’armée dans la mine d’Anzin » et, bien que l’Assemblée vota une motion platonique sur le « respect de la liberté des ouvriers », la situation ne changea guère. Et après 56 jours de luttes âpres, les mineurs reprirent le travail, dans les conditions fixées par la Compagnie.
En octobre 1884, Basly déclara devant la Commission d’enquête à propos de la grève d’Anzin : « Le système de travail qu’on voulait appliquer, nous paraissait contraire à nos intérêts, car il abaissait les salaires et exigeait un travail supplémentaire. La vérité, c’est que la Compagnie voulait la grève, et en définitive, elle cherchait à détruire le syndicat ».
Si la Compagnie houillère d’Anzin avait atteint son but, en contraignant les mineurs à reprendre le travail, elle était la cause de mécontentements continuels, qui devaient aboutir à de nouveaux conflits.