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Les jeunes et les formes fréquentes d’emploi précaire

, FO Jeunes

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Une fois en emploi, le principal fléau qui touche aujourd’hui la jeunesse, et qui tend à se généraliser à l’ensemble des travailleurs, est la précarité de l’emploi. Le simple fait de considérer de nos jours un CDD de plus de six mois comme un emploi « durable » révèle la dégradation de la norme de l’emploi : le CDI. 53% des jeunes en emploi sont aujourd’hui en contrats précaires en France [

Insee, 2013).]] : CDD, intérim, apprentis. Sur l’ensemble des travailleurs, la précarité de l’emploi ressentie est en augmentation (+3,7% sur la période 2007-2012), 14,9% des travailleurs s’estimant précaires dans leur emploi en 2012 [1].

La lutte contre la précarité de l’emploi doit être une priorité. Le Bureau International du Travail, dans son rapport intitulé « Des politiques de l’emploi pour un reprise et un développement durables », 2014, pointe les impacts négatifs de cette précarité :

- Mal-être et dégradation de la santé physique et psychologique [2] ;
- Démotivation, dégradation des relations professionnelles, absentéisme [3] ;
- Dégradation des perspectives sociales à long terme (vie commune, fonder un foyer) [4].

Plus globalement, la précarité de l’emploi a un effet directement néfaste sur la consommation et donc la croissance, en incitant les ménages à épargner davantage, notamment les parents dont les enfants sont en emploi précaire [5].

Le temps partiel, lorsqu’il est subi, est générateur de précarité. Aujourd’hui, 26,6% des jeunes en emploi sont à temps partiel (hors alternance), contre 18,7% pour l’ensemble des actifs en emploi [6]. Ce temps partiel des jeunes est subi (« faute d’avoir trouvé un temps plein ») dans 45,8% des cas, contre 33,4% pour l’ensemble des travailleurs à temps partiel [7]. Enfin, les femmes sont les premières concernées par le temps partiel subi, elles représentent 82% des emplois à temps partiel [8].

Les tentatives pour limiter le recours aux CDD, notamment dans le cadre de l’Accord National Interprofessionnel du 11 janvier 2013 –non signé par FO– n’ont pas eu d’effet car trop limitées. Elles se cantonnent à une sur-taxation des contrats courts : contribution chômage réévaluée de 4 à 7% et 5,5%, respectivement pour les CDD de moins d’un mois et de un à trois mois. Trop faibles, ces taux de contribution majorés ne s’appliquent pas à l’ensemble des CDD, en sont exclus les CDD de remplacement, saisonniers ou l’intérim.

Preuve de cet échec, la part des CDD dans les nouvelles embauches s’élevait à son plus haut niveau depuis 15 ans –à 83,7%– au dernier trimestre 2013 [9], six mois après la mise en œuvre de la loi sur la sécurisation de l’emploi du 14 juin 2013.

Enfin, lorsqu’un employé est présent dans l’entreprise pour une durée déterminée, celle-ci n’investit pas dans sa formation, la rentabilité immédiate étant privilégiée. C’est une des difficultés paradoxales auxquelles les jeunes sont confrontés : on n’investit pas dans leur formation en entreprise par crainte qu’ils quittent l’entreprise rapidement. Donc en emploi précaire, sans formation, les jeunes n’ont aucun intérêt à rester s’ils trouvent mieux !

FO Jeunes revendique...
- Une taxation plus forte des contrats courts, sans dérogation ;
- une limitation du volume de CDD dans l’entreprise avec un système de bonus/malus.

Notes

[1Eurofound. (2013). European Social Survey ; Enquête européenne sur la qualité de vie.

[2De Cuyper, N., & Coll. (2010). Objective threat of unemployment and situational incertainty during a restructuring : Associations with perceived job insecurity and strain. Journal of business and psychology, 75-85.

[3Staufenbiel, T., & Kônig, C. (2010). A model for the effects of job insecurity on performance, turnover intention, and absenteeism. Journal of Occupational and Organizational Psychology, 101-117.

[4Lozza, E., & Coll. (2013). Temporary employment, job insecurity and their extraorganizational
outcome. Economic and Industrial Democracy.

[5Op. Cit. (Klemm, 2010).

[6Insee. (2011). Enquête emploi.

[7Ibid.

[8Ibid.

[9Dares. (Avril 2014). Les mouvements de main-d’œuvre au 4e trimestre 2013.