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Les MOOCS : opportunités et dangers de l’e-éducation

, Clarisse Josselin

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Les cours en ligne gratuits commencent à se développer en France. © LANIER / REA

Les MOOCS, des cours en ligne gratuits et ouverts à tous, se développent en France. Ils mettent le savoir à la portée du plus grand nombre. Mais le syndicat FO de l’enseignement supérieur craint une réduction progressive des cours au profit d’Internet.


Zoom : Les entreprises se lancent dans la course
Les COOCS (Corporate Open Online Courses) sont des cours dispensés par des entreprises à destination des salariés, des clients... Certains s’adressent aussi au grand public, pour communiquer ou éventuellement recruter. Sur sa plate-forme, Orange propose ainsi un module « devenir web-conseiller ». Pour une formation professionnelle pointue, les employeurs préfèrent le SPOC (Small Private Online Course), cours diplômant en petit groupe. Le module est payant mais reste moins cher qu’un stage.

Suivre des cours de Centrale ou Sciences Po depuis son canapé, c’est désormais possible. En 2014, le ministère de l’Enseignement supérieur a déboursé 20 millions d’euros pour les MOOCS (pour Massive Open Online Courses), des cours en ligne gratuits et massifs. Ils sont dispensés sur Internet par des équipes enseignantes d’universités ou d’écoles (et parfois des entreprises), à dates fixes, durant quelques semaines ou quelques mois. L’inscription est ouverte à tous, étudiants, salariés, demandeurs d’emploi, retraités… sans restriction d’âge, de niveau d’études ou de profession.

Les élèves, dont le nombre est illimité, accèdent quand ils le veulent aux ressources pédagogiques (cours magistraux en vidéo, lectures, exercices, quiz…) et communiquent sur des forums interactifs. Le module n’aboutit généralement pas à un diplôme mais à un certificat, dont l’obtention peut être payante.

Si la quasi-totalité des établissements américains mettent leurs cours en ligne, le mouvement démarre seulement en France. Le gouvernement a lancé en octobre 2013 la plate-forme France Université Numérique (FUN), qui propose 76 cours et revendique plus de 400 000 inscrits dans neuf domaines, dont le juridique, l’environnement, le management… Mais l’offre sur la toile ne se limite pas à la France. Tous les cours en français sont répertoriés sur le site mooc-francophone.com.

Un taux d’abandon élevé

Reste que travailler de chez soi demande de la discipline, du temps et certaines connaissances de base, ce qui constitue une sélection naturelle. Une grande proportion de ces e-étudiants a un niveau bac + 5. Et le taux d’abandon est élevé : moins de 10 % des inscrits vont au bout du cursus, selon diverses études.

Lors du bilan de FUN dressé en octobre dernier, la secrétaire d’État chargée de l’Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, rappelait que l’objectif de cette plate-forme était aussi de « construire une université connectée ». Et c’est ce qui inquiète les professeurs du supérieur.

« La réelle vocation des MOOCS n’est pas d’être un support complémentaire, comme un livre, mais de remplacer les cours physiques face aux étudiants, alerte Gilles Bourhis, Secrétaire général du syndicat de l’enseignement supérieur et de la recherche SNPREES FO. Dans un contexte budgétaire où les universités cherchent à faire des économies, c’est un moyen de réduire le nombre de disciplines dans certains établissements ou de réduire les heures d’enseignement. » -

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