La FSMI-FO en congrès

Les syndicats FO du ministère de l’Intérieur parlent d’une même voix

, Valérie Forgeront

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Créée en mars 2014, la Fédération FO de syndicats du ministère de l’Intérieur (FSMI-FO) a tenu un congrès extraordinaire le 9 juin dernier au siège de la Confédération FO à Paris. L’adhésion de FO-Préfectures a été votée à l’unanimité des congressistes.

Le congrès extraordinaire de la Fédération FO de syndicats du ministère de l’Intérieur (FSMI-FO) le 9 juin dernier à Paris a permis entre autres de valider -par un vote à l’unanimité des congressistes- l’adhésion du syndicat FO-Préfectures à la FSMI-FO.

Au cours de ce congrès, la Fédération s’est doté d’un nouveau secrétaire général. Yves Lefebvre remplace ainsi Henri Martini.

Par ailleurs la fédération a fait le choix d’un bureau national « plus étoffé » à travers l’élection de quatre secrétaires généraux adjoints, notamment l’élection de Christine Marot, la secrétaire générale de FO Préfectures.

Pour Yves Lefebvre « l’arrivée de FO-Préfectures va donner un nouveau souffle et de nouvelles perspectives à la FSMI-FO où toutes les organisations du périmètre du ministère de l’Intérieur ont leur place ».

Une fédération à cinq branches

Dans son champ de compétences, la FSMI-FO (qui est en quelque sorte le prolongement par extension de la fédération des syndicats généraux de la Police, la FSGP-FO) couvre 180 000 agents environ indique Yves Lefebvre.

Désormais, la FSMI-FO est donc composée du syndicat Unité-SGP-police-FO, de l’Union des officiers de police, du secteur des personnels de la préfecture de Police, de celui des personnels administratifs, techniques et scientifiques de la police nationale (Snipat-FO) et du syndicat FO Préfectures.

Alors que l’organisation FO occupe la 2e place en termes de représentativité syndicale au sein du ministère de l’Intérieur, cet essor de la fédération va donner un poids supplémentaire à la voix de FO au ministère.

La crainte d’un plan social dans les préfectures

« Tous les syndicats FO du ministère vont parler d’une même voix » souligne encore Christine Marot pour FO-Préfectures majoritaire chez les personnels de son secteur. Cet essor de la FSMI-FO va permettre aussi de mieux préparer les prochaines élections professionnelles de 2018 précise la militante.

Au sein de la FSMI, les militants des différents secteurs ne manquent pas de revendications. A titre d’exemples, les agents des préfectures (27 000 environ) combattent actuellement le « plan préfectures de nouvelle génération », le PPNG qui entrera en vigueur en janvier prochain.

Cette réforme prévoit la suppression de la mission d’accueil pour la délivrance des titres (carte d’identité, passeports, permis de conduire, cartes grises…) aux particuliers. La réforme induit la crainte d’une suppression de 13 000 postes s’insurge FO.

Les demandes de cartes grises et de permis devront se faire en ligne exclusivement. Quant aux demandes de cartes d’identité et de passeports, elles seront enregistrées par les mairies puis l’instruction des dossiers sera réalisée par les services des préfectures mais sur des plateformes interdépartementales.

Quarante-sept centres d’expertise et de ressources des titres devraient être mis en place en juillet 2017 indique Christine Marot se réjouissant que l’action syndicale ait permis d’obtenir des formations pour les agents impactés par cette réforme.

Les policiers FO demandent une prime pour leur investissement

Du côté des secteurs police de la FSMI-FO, les revendications sont nombreuses aussi. Ce que demandent d’abord les policiers c’est « la protection et la reconnaissance » rappelle Yves Lefebvre, secrétaire général du syndicat Unité-SGP-Police-FO.

Sollicités sans cesse depuis dix-huit mois par les exigences du terrain (attentats, manifestations, Euro de foot, etc.) les fonctionnaires de police accumulent désormais « plus de vingt millions d’heures supplémentaires » non rattrapées en tant que repos indique Yves Lefebvre.

Il rappelle que le plan de recrutement de policiers prévu d’ici 2017 se traduira seulement par un retour au niveau dans lequel se trouvaient les effectifs en 2007. « Ce n’est pas transcendant loin s’en faut ! » réagit le militant.

Or, pour les policiers FO qui ont manifesté leur mécontentement à plusieurs reprises ces derniers mois dont le 7 avril à Paris, la reconnaissance doit passer notamment par une amélioration des conditions de travail et une revalorisation des rémunérations (prime de risque, maintien de l’avantage spécifique d’ancienneté/Asa…).

Par ailleurs, « en réponse à la dévotion sans faille dont les policiers font preuve depuis ces nombreux mois », le syndicat Unité-SGP-Police-FO vient de saisir le ministère de l’Intérieur et lui demande l’octroi d’une « prime de reconnaissance et d’investissement » qui serait attribuée à tous les policiers.

Pour l’instant, le ministère n’a pas apporté de réponse.