Événement - FO Hebdo

Loi Travail : créer les conditions pour réussir la manifestation du 14 juin

, Nadia Djabali

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Manifestation contre la loi Travail du 26 mai 2016 à Paris. F. Blanc / FO Hebdo - CC BY-NC 2.0 - flickr.com/force-ouvriere

Alors que la mobilisation contre la loi Travail prend de l’ampleur, les appels au dialogue se multiplient au sein de la majorité. Les appels à la grève également, chez les cheminots, électriciens et gaziers, routiers et salariés des raffineries.

Le ton monte : après les grèves et les blocages chez les routiers, chez les cheminots et dans les raffineries, les centrales nucléaires sont entrées dans la danse. Le 26 mai, des milliers de manifestants sont venus gonfler les effectifs des défilés et rassemblements : 100 000 personnes ont été décomptées à Paris. Cette huitième journée de mobilisation conserve le même objectif : le retrait de la loi Travail.

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#FO14juin #LoiTravail
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« Pour discuter, il faut être deux », remarque Jean-Claude Mailly sur le plateau de BFM TV. Or, s’agissant de la loi Travail, la concertation et le dialogue ne figurent pas dans la boîte à outils du gouvernement, comme l’exige l’article L1 du Code du travail.

François Hollande n’a toujours pas répondu au courrier de l’intersyndicale qui demandait un rendez-vous à l’Élysée. Et les propos du Premier ministre n’invitent guère à une ouverture de négociations.

Grèves et votations

Ce mutisme gouvernemental n’a cependant pas entamé la détermination des salariés contre le projet de loi. La semaine qui vient s’annonce très active : les cheminots et le secteur aérien seront à nouveau en assemblées générales. Et forts de cette dynamique, FO, la CGT, la FSU, Solidaires ainsi que les trois organisations étudiantes appellent à amplifier le mouvement. Sous quelles formes ? En multipliant grèves et assemblées générales dans toutes les professions. En organisant des votations dans les entreprises, les administrations et les lieux d’études. Et en s’organisant pour qu’à Paris, le 14 juin, la manifestation nationale fasse le plein. 

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Projet de loi Travail : bulletin de votation citoyenne à retourner par courrier à Force Ouvrière - Secteur juridique, 141, avenue du Maine, 75014 Paris ou par courriel à votation@force-ouvriere.fr
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Éphéméride

21 février 1884

La grève des mineurs d’Anzin
Article de René Gibère paru dans Force Ouvrière n°491, daté du 7 juillet 1955. _ Ce n’était pas la première fois que les ouvriers mineurs du bassin houiller d’Anzin se mettaient en grève pour obtenir l’amélioration de leur condition d’existence. Pendant les années de 1833, 1846, 1848, 1855, 1864, 1866, (...)

Article de René Gibère paru dans Force Ouvrière n°491, daté du 7 juillet 1955.
_ Ce n’était pas la première fois que les ouvriers mineurs du bassin houiller d’Anzin se mettaient en grève pour obtenir l’amélioration de leur condition d’existence. Pendant les années de 1833, 1846, 1848, 1855, 1864, 1866, 1872, 1874, 1878, 1879, 1880, ils luttent et revendiquent tantôt pour des mesures de sécurité et d’hygiène dans le travail. Parfois ils atteignent leurs objectifs, mais souvent, ils se heurtent à l’incompréhension et au refus brutal de la Compagnie. Au cours de ces grèves successives, les mineurs prenaient chaque fois leur responsabilité avec gravité et discernement, même lorsque la grève avait pour conséquence le licenciement. Cependant, les actions revendicatives, dès le début, développèrent leur esprit combatif, leur force morale et leur sentiment de solidarité.
La grève qui éclata le 21 février 1884 et se prolongea jusqu’au 17 avril, fut provoquée par la Compagnie de houillère elle-même qui imposa brusquement un changement dans l’organisation du travail des mineurs. En effet, la Compagnie avait décidé que : 1° Les ouvriers seraient responsables de leurs travaux pendant toute la durée de leur galerie, et que de ce fait les vieux et les jeunes ouvriers seraient supprimés ; 2° L’ouvrier devra se surcharger de bois pour les réparations ; 3° La Compagnie ne fera plus de remblais, de là des éboulements seront très fréquents ; 4° L’entretien de la voie ferrée, le matériel et la responsabilité des accidents, seraient à la charge des mineurs. Les ouvriers jugèrent cette modification inacceptable. Basly, secrétaire général de la Chambre syndicale, dans une lettre, adressée aux députés et aux autorités du département du Nord, expliqua et justifia l’opposition des mineurs à ce nouveau mode de travail, préjudiciable à leur santé et à leur salaire, déjà au-dessous du minimum (3 fr. 50 par jour).
À la suite d’un entretien qui eut lieu entre la délégation syndicale et la Compagnie, cette dernière maintenant sa décision, les mineurs décidèrent la grève, dans un commun accord. « Considérant que le gouvernement n’est pas intervenu en leur faveur, disait un manifeste syndical, destiné aux mineurs, que la Chambre et les commissions d’enquête se prononcent contre eux, les délégués se réservent comme dernière arme d’inviter les autres ouvriers des Charbonnages de France à se mettre en grève ». (On sait qu’à la suite de ce manifeste, des mineurs, réunis à Saint-Étienne, votèrent contre la grève générale et refusèrent de s’associer au mouvement). Les travailleurs de la Mine d’Anzin revendiquèrent le rétablissement de l’ancien système de travail et la réintégration des ouvriers congédiés pour des grèves antérieures. Or, la Compagnie resta inébranlable dans sa position, et voyant la résistance opiniâtre des grévistes, elle licencia, par surcroît, 140 mineurs syndiqués.
La misère dans les familles de mineurs était telle qu’à Denain, des manifestations violentes eurent lieu, suivies de sanglantes échauffourées entre les mineurs et les gendarmes. Pour éviter de nouvelles collisions, des troupes furent envoyées pour occuper toutes les fosses. Des grévistes qui protestèrent contre l’intervention de l’armée, furent emprisonnés et condamnés de la jours à 3 mois de prison.
À la Chambre, le député socialiste Clovis Hugues interpella le gouvernement sur « la présence de l’armée dans la mine d’Anzin » et, bien que l’Assemblée vota une motion platonique sur le « respect de la liberté des ouvriers », la situation ne changea guère. Et après 56 jours de luttes âpres, les mineurs reprirent le travail, dans les conditions fixées par la Compagnie.
En octobre 1884, Basly déclara devant la Commission d’enquête à propos de la grève d’Anzin : « Le système de travail qu’on voulait appliquer, nous paraissait contraire à nos intérêts, car il abaissait les salaires et exigeait un travail supplémentaire. La vérité, c’est que la Compagnie voulait la grève, et en définitive, elle cherchait à détruire le syndicat ».
Si la Compagnie houillère d’Anzin avait atteint son but, en contraignant les mineurs à reprendre le travail, elle était la cause de mécontentements continuels, qui devaient aboutir à de nouveaux conflits.