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Loi Travail : plusieurs syndicalistes d’autres pays européens à Paris le 14 juin

, Evelyne Salamero

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Gonzalo Pino et Valérie Parra de l’UGT d’Espagne. Photographie : E. Salamero / FO Hebdo - CC BY-NC 2.0

Venus d’Espagne, de Suisse, de Belgique, d’Italie… Plusieurs syndicalistes européens ont fait spécialement le déplacement pour participer à la manifestation nationale pour le retrait de la loi Travail ce 14 juin à Paris.

Contrairement à ce qu’il avait prévu, Gonzalo Pino, secrétaire confédéral de l’UGT d’Espagne, devra repartir prendre son avion sans pouvoir aller au bout de la manifestation qui prend beaucoup plus de temps que prévu… Mais il ne regrette pas.

« La similitude entre cette loi Travail et la réforme de 2012 en Espagne est quasi-totale »


Le syndicaliste espagnol explique : « Nous sommes ici car nous avons l’obligation de défendre les travailleurs face à ce qui se passe non seulement en France mais dans toutes l’Europe : les coupes budgétaires et les politiques néolibérales qui essaient d’exclure les syndicats de la négociation collective ». Gonzalo Pino souligne : « la similitude entre la loi Travail française et la réforme de 2012 en Espagne est quasi totale, elle porte essentiellement sur tout ce qui concerne la négociation collective. Il s’agit de transférer la négociation au niveau de l’entreprise aux dépends de la branche et en excluant les organisations syndicales. Si nous laissons faire cela, nous laisserons partir en fumée tout ce qui permet de défendre efficacement les travailleurs ».

« Si les réformes ne sont pas retirées en Espagne, nous nous retrouverons dans la même situation qu’aujourd’hui en France »


Confiant en l’avenir, il poursuit : Nous sommes convaincus que la mobilisation en France aura pour résultat final le retrait de la loi. En Espagne, nous sommes entrés à cette étape dans un processus électoral. Nous espérons que la gauche gagne pour qu’elle retire les deux dernières réformes, celle du gouvernement de droite de Rajoy en 2012 qui est celle qui est allée le plus loin, mais aussi la précédente adoptée sous le gouvernement de gauche de Zapatero qui a initié le processus. Et si ce n’est pas le cas nous nous retrouverons en Espagne dans la même situation qu’aujourd’hui en France. »

Nico Cué, secrétaire général du syndicat de la métallurgie FGTB de Wallonie et de Bruxelles. Photographie : E. Salamero / FO Hebdo - CC BY-NC 2.0

« La Loi El Khomri et la loi Peeters en Belgique visent à contourner les syndicats »

Nico Cué, est secrétaire général du syndicat de la métallurgie de la FGTB, pour la Wallonie et Bruxelles. Il y a peu, il assistait au congrès de la fédération FO des Métaux, à La Rochelle. Aujourd’hui, il est venu en autocar avec une cinquantaine de ses camarades, métallos mais aussi agents des services publics aujourd’hui gravement remis en cause en Belgique. « Il était important pour nous de venir, explique-t-il, car nous avons constaté que la loi El Khomri ressemble très fortement à la loi Peeters en Belgique. »

La mobilisation » s’annonce très forte » en Belgique aussi 

Le militant belge précise : « Nous avons étudié très attentivement la loi El Khomri et j’ai entendu beaucoup d’interventions des délégués au congrès de la fédération FO des Métaux contre cette loi. Les deux lois contiennent le même principe de l’inversion de la hiérarchie des normes et visent aussi à mettre face à face les travailleurs et leurs directions, en contournant les organisations syndicales (...) En Belgique, nous serons en grève générale le 24 juin et le 7 octobre. Entretemps nous ferons aussi une grande manifestation nationale le 29 septembre. La mobilisation s’annonce très forte. »

De gauche à droite : Florian, Michel et Jérémy du syndicat suisse UNIA. Photographie : E. Salamero / FO Hebdo - CC BY-NC 2.0

« Il n’y a pas de loi Travail en Suisse, mais cette loi El Khomri fait partie des reculs sociaux imposés à tous les salariés en Europe ». 

Visiblement ravis d’être là, Jeremy, 19 ans , Florian, 17 ans et Michel, 26 ans, arborent fièrement leur drapeau de l’UNIA, la plus importante, numériquement, organisation syndicale suisse pour le secteur privé. Jeremy, explique : « nous sommes ici en solidarité avec les syndicats français engagés contre la loi Travail, car même si nous ne sommes pas directement concernés en Suisse, cela fait partie d’un ensemble de reculs sociaux imposés à tous les travailleurs en Europe. Florian : « Nous en Suisse, nous avons un gros problème depuis que la Banque nationale suisse pratique une politique de franc fort face à l’euro. De très nombreux emplois sont menacés. Le 17 juin , l’UNIA organise une journée de l’industrie et va remettre un manifeste au ministre de l’Economie.

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Evelyne Salamero

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