Congrés d’UD

Loi Travail, réforme territoriale et élections TPE au menu du congrès de l’UD de Corrèze

, Nadia Djabali

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Début décembre, un peu plus de 150 militants ont tenu leur congrès à Laguenne en Corrèze. Marie-Christine Caquot a été réélue Secrétaire générale de l’union départementale.

La situation de l’emploi n’est pas fameuse en Corrèze : 17 624 demandeurs d’emploi sont inscrits en catégories A-B-C à Pôle emploi. Soit une augmentation de presque 10% depuis 2014.

Dans le département, 10 % des salariés en équivalent temps plein perçoivent un salaire net inférieur à 1 206 euros. Les salaires sont inférieurs de 2,5 % à ceux de la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes.

Entreprises en difficulté

Un département rural qui compte principalement des PME-TPE et et seulement une dizaine d’entreprises de plus de 300 salariés. Les difficultés économiques touchent de nombreux établissements comme Seroma dans le secteur de la métallurgie. L’entreprise qui compte 81 salariés répartis sur trois sites, a annoncé en octobre 2016 un plan social touchant 31 personnes soit 40 % de l’effectif. 68 salariés travaillent sur le site corrézien de Beaulieu-sur-Dordogne.

En difficulté également, les salariés de Monsieur Bricolage qui a annoncé le 16 novembre la fermeture de quatre magasins, à Brive, à Ussel et à Tulle. Une cinquantaine d’emploi sont concernés en Corrèze.

Ce triste tableau n’a pas découragé les 31 syndicats représentés parmi les 167 militants de Force Ouvrière (dont 30% de femmes) présents au XVIIIe congrès de l’UD de Corrèze.

Un département peut aidé par la réforme territoriale

Parmi eux, treize personnes sont montées à la tribune pour faire un état de la mobilisation dans les TPE-PME et les services publics. Avec des inquiétudes prononcées sur la réforme territoriale qui fait dépendre le milieu rural corrézien de la lointaine Bordeaux, après la création de la méga région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes (Nouvelle Aquitaine).

Autre motif d’inquiétude : la transformation de l’Afpa en établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) dont la nouvelle architecture ne fait guère l’unanimité.

Également dans la ligne de mire, le sort réservé à Pôle emploi qui fait face à une privatisation du suivi des demandeurs d’emploi et à la dématérialisation de l’inscription. Le Congrès revendiquant une augmentation des moyens financiers et humains afin d’endiguer la détérioration du service rendu et de permettre un retour plus rapide vers l’emploi.

Suppression de tournées et d’emplois à La Poste

À la Poste, la fermeture des bureaux de poste (au moins un tiers des bureaux en Corrèze) et la réorganisation ont supprimé des tournées et des emplois. À Brive-la-Gaillarde, il manque à l’appel onze tournées et dix-sept emplois. À Ussac, les trois quarts des locaux sont occupés par Mediapost qui a reçu un agrément pour pouvoir distribuer le courrier à la place des facteurs.

Nouvelles implantations de FO

À l’actif de la dynamique syndicale, les nouvelles implantations de FO dans les entreprises corréziennes : Gers’on à Altillac, Valade à Lubersac, Blocfer à Argentat, Corrèze Habitat à Tulle, Hopital de Tulle, Mairie de Varetz, mairie d’Egletons, Ehpad de Rivet, Carrefour Brive, etc.

Le congrès revendique la mise en place d’une véritable politique permettant le maintien de tous les emplois et la réindustrialisation d’un département très touché par la disparition des usines et des commerces de centre-ville.

Au niveau national, la liste des revendications est longue. D’abord la loi Travail, qui a occupé les esprits et la rue jusqu’à septembre 2016. Le combat sur les salaires est également au sommaire des prochains mois de lutte aux côtés de la défense du service public et de la liberté syndicale. Le Congrès en a profité pour exprimer sa solidarité avec les militants de l’UD FO de l’Eure chassés de leurs locaux.

À l’agenda des prochaines semaines, les élections TPE afin de défendre les 4 millions de salariés concernés par le scrutin.