Energie

Nucléaire : les organisations syndicales quittent la réunion au ministère de l’Economie

, Evelyne Salamero

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Dénonçant une « réunion de façade », les fédérations de l’Energie et de la Métallurgie FO, CGT, CGC et l’UNSA Industrie ont quitté lundi 18 juillet une réunion avec le ministre de l’Economie, M. Emmanuel Macron, après avoir lu une courte déclaration.

Les organisations syndicales attendaient cette réunion depuis le 14 avril. Ce jour-là, lors d’une rencontre autour du projet de construction par EDF de deux réacteurs de nouvelle génération (EPR) à Hinkley Point, en Grande-Bretagne, dont les organisations syndicales demandent le report, le ministre Emmanuel Macron s’était engagé à organiser une réunion de travail sur l’avenir de l’ensemble de la filière sous les quinze jours.

Mais les organisations syndicales ont dû patienter trois mois pour… Constater que le rendez-vous enfin organisé par le ministre ne correspondait en rien à leurs attentes.

Une réunion dite sur l’avenir de la filière nucléaire mais… Sans ses principaux acteurs

Alors que la filière nucléaire est composée de plusieurs grands acteurs, comme EDF mais aussi Areva ou encore le CEA (Commissariat à l’énergie atomique), seule EDF était représentée, en la personne de son P-DG, Jean-Bernard Lévy. Le ministère de l’Ecologie, pourtant responsable de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), ne participait pas non plus à la réunion.

« Nous nous étonnons du format de cette réunion (…) Nous ne pouvons pas croire qu’il ne s’agit que d’une réunion de façade pour avaliser des décisions déjà prises que nous ne partageons pas. Entre autres, nous réfutons par avance tout passage en force notamment sur Hinkley Point », ont déclaré les organisations syndicales avant de quitter la réunion.

A la sortie, Alain André pour la fédération FO Energie et Mines a dénoncé « un manque de transparence sur l’objectif poursuivi réel » de cette réunion, voire « une forme de manipulation ».

Les organisations syndicales restent disposées à une « véritable » réunion de travail

Depuis des mois en effet, les organisations syndicales, à commencer par FO, demandent le report du projet de Hinkley Point que la direction d’EDF et son actionnaire principal, l’État, s’obstinent à vouloir lancer. Elles dénoncent une prise de risque inconsidérée tant sur le plan industriel que financier, soulignant de surcroît qu’il serait plus cohérent de lancer les investissements nécessaires à l’entretien du parc nucléaire existant.

Les organisations syndicales qui ont quitté la réunion avec le ministre de l’Economie ont ainsi tenu à faire savoir qu’elles ne se laisseraient pas utiliser dans le cadre d’une opération de communication visant à laisser croire qu’un consensus aurait été trouvé. Elles restent en revanche, ont elles déclaré, « disposées à participer à une véritable réunion de travail » sur l’avenir de la filière nucléaire.

Une réunion de travail pour « échanger sur des bases de loyauté et de non passage en force », souligne la fédération FO.