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///  SECTEUR COMMUNICATION - BIT - MARDI 9 FÉVRIER 2010

Post-scriptum

> AAA: LA POLITIQUE À LA CORBEILLE!

Article de Yves Veyrier, Secrétaire confédéral, paru dans FO Hebdo n°2928

Avant que la crise n’éclate, on entendait assez peu parler des agences de notation.

On s’était bien étonné que l’une d’entre elles, Vigeo, qui ambitionnait de noter les entreprises sur leur comportement social, ait comme principaux actionnaires les entreprises en question!

Mais avec la crise, ce sont les agences de notation financière qui ont pris le devant de la scène, avec les désormais célèbres notes allant de AAA à D, évaluant, du moins élevé au plus élevé, le risque représenté par un pays ou une entreprise pour les investisseurs financiers. Pourtant ces agences existent depuis longtemps. Deux des plus importantes aujourd’hui, Moody’s et Fitch (celle-ci étant détenue majoritairement par une entreprise française de services financiers), ont été établies au tout début du XXe siècle aux États-Unis. Ces entreprises privées ont été tout à coup accusées de tous les maux, rendues responsables par les gouvernements de leur aveuglement. Elles n’avaient pas vu venir les crises, n’avaient pas détecté les comportements financiers dangereux, bref elles avaient masqué, sans doute elles-mêmes intéressées directement, les pratiques qualifiées depuis de «toxiques», à l’image des placements purement spéculatifs, sans assise ni rationalité industrielle ou économique, a fortiori sociale. Pourtant l’agence Fitch est dotée d’un comité consultatif international, censé l’éclairer sur la situation économique mondiale et l’évolution des marchés internationaux, présidé par l’ancien président de la République française, M. Valéry Giscard d’Estaing, et comprenant entre autres un ancien commissaire européen à la concurrence…

Quel aveu, en réalité! Celui que les politiques des États, eux-mêmes rendus aveugles, étaient gouvernées par les notes décernées par ces agences.

Mais tout allait changer. Ainsi, la déclaration des chefs d’État et de gouvernement du G20 à Londres avertissait que les agences de notation seraient contrôlées et devraient respecter des codes internationaux de «bonne pratique».

Mais à peine certains évoquent-ils la «sortie de crise», terme qui convient sans doute aux marchés financiers, si l’on en juge par le retour des bénéfices et bonus records, mais pas du tout à l’emploi, que les voilà à nouveau aux premiers rangs. Et de menacer la Grèce, ou le Portugal et l’Espagne de voir leur note dégradée si les objectifs affichés de rigueur budgétaire et salariale, afin de rentrer dans les clous du pacte européen de stabilité, ne sont pas suffisants.

Ces agences ne sévissent pas seulement vis-à-vis des États, mais aussi des collectivités locales, menaçant d’abaisser la notation des Régions du fait des difficultés financières qu’elles pourraient rencontrer avec la réforme des collectivités locales.

La politique ne se fait pas à la corbeille aviez-vous dit?