Chercheur associé au laboratoire sport et environnement social de l’université de Grenoble, Timothée Jobert a publié cet ouvrage, présenté en forme de réflexion sur la société la plus ordinaire plutôt qu’en forme d’étude historique et sociologique sur le racisme. Sa démarche l’amène à révéler que dès le début du XXe siècle, tous les acteurs du monde du sport et le public ont appréhendé l’émergence d’une figure particulière du milieu sportif, celle du champion noir.
Timothée Jobert, aux éditions PUG, 230 pages, 20 euros.
Chercheur associé au laboratoire sport et environnement social de l’université de Grenoble, Timothée Jobert a publié cet ouvrage, présenté en forme de réflexion sur la société la plus ordinaire plutôt qu’en forme d’étude historique et sociologique sur le racisme. Sa démarche l’amène à révéler que dès le début du XXe siècle, tous les acteurs du monde du sport et le public ont appréhendé l’émergence d’une figure particulière du milieu sportif, celle du champion noir.
En revanche, la barrière de couleur (color line), instaurée par la Cour suprême des États-Unis en 1896, établit le principe d’égalité séparée, d’où s’ensuivra une pratique sportive séparée suivant la couleur du citoyen. Dès 1900 en France, apparaissent des sportifs noirs américains et des athlètes issus des colonies françaises. L’auteur pose alors la question de leur représentation sociale et celle du regard que leurs contemporains ont posé sur eux entre 1900 et 1944, et comment les exploits de ces champions noirs et leur présumée excellence sportive mettent en scène la tension entre, d’une part, l’idéologie égalitaire et l’universalisme du sport et, d’autre part, les croyances racistes largement diffusées au cours de cette période coloniale.
Timothée Jobert démontre que les métropolitains n’instaurent pas de système sportif ségrégué, à l’inverse des colonies ou du monde anglophone, et qu’ils tendent à manifester un racisme moins virulent, moins prégnant dans ce champ que dans la sphère civile.