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Pour une ficalité juste et distributive
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Force Ouvrière spécial Tour de France 2010
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///  EMPLOI - CHÔM. - FORMATION - MARDI 2 FÉVRIER 2010

Post-scriptum

> BIENTÔT, TOUS DES PETITS HOMMES VERTS?

Article de Stéphane Lardy, Secrétaire confédéral, paru dans FO Hebdo n°2927

Rappelez-vous ce feuilleton diffusé en France au début des années soixante-dix où le pauvre David Vincent, architecte de son état, était le seul à voir les méchants extraterrestres (ah, cet auriculaire tendu!) envahissant notre belle planète.

Eh bien, depuis quelques mois les envahisseurs sont parmi nous, en les personnes de Jean-louis Borloo et Valérie Létard, respectivement ministre de l’Écologie et secrétaire d’État au Développement durable, qui nous promettent le monde merveilleux et enchanteur de l’emploi vert.

Après à peine deux mois de réflexions et d’échanges, la solution est sortie du chapeau le 28 janvier, au CNIT à la Défense, lors de la première conférence nationale sur les métiers de la croissante verte. Invité à une table ronde, j’ai pu faire valoir les positions et analyses de la Confédération sur cette question. Première question posée, les emplois verts vont-ils créer de l’emploi? La réponse du gouvernement, en forme de méthode Coué, est évidemment oui, près de 600 000. Notre réponse est: on ne sait pas trop! D’une part, parce que les études sont basées sur des hypothèses de travail extrêmement différentes, parfois à l’horizon 2020. D’autre part, parce que les conditions pour atteindre ces créations d’emplois dépendent parfois de paramètres que la France ne peut maîtriser. Un simple exemple: les variations du prix du pétrole, entre 100 et 200 dollars dans les hypothèses formulées, auraient des effets complètement différents sur de possibles créations d’emplois dans les énergies alternatives.

Deuxième question posée: quel type d’emploi? Le clou de la matinée a été l’affirmation, la main sur le cœur, d’un président d’un comité de filière que les salariés devaient avoir une vision «enchanteresse» de la croissance verte car ils allaient participer par leur emploi à la sauvegarde de la planète! Peu importe les conditions de salaires et de travail, car il en va du bien de la planète mère! Ce discours, qui fait froid dans le dos, est révélateur de la vision, qu’ont certaines sphères dirigeantes, de la question de l’emploi et de la confrontation sociale.

Création d’emplois issue du Grenelle de l’environnement ou, plus sûrement, «verdissement» d’un emploi existant (par exemple, le chauffagiste qui devra maîtriser également la pose et l’entretien de chauffage à condensation), la question sociale doit être au centre des débats: c’est bien sur la notion d’emploi, dans un sens large (conditions de travail, salaire, évolution de carrière), que les organisations syndicales doivent se positionner et revendiquer dans les branches et les entreprises. C’est donc bien en définitive, toujours et encore, la question de la répartition des richesses qui est posée par le débat sur la croissance verte.

Alors, peu importe que nous devenions verts, rouges ou jaunes, les défis et les combats restent les mêmes pour le mouvement syndical en se rappelant ce que nous disait Jaurès: «Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots.»

 
 
 
 
 
 

Post-scriptum

Bientôt, tous des petits hommes verts?

Article de Stéphane Lardy, Secrétaire confédéral, paru dans FO Hebdo n°2927

Rappelez-vous ce feuilleton diffusé en France au début des années soixante-dix où le pauvre David Vincent, architecte de son état, était le seul à voir les méchants extraterrestres (ah, cet auriculaire tendu!) envahissant notre belle planète.

Eh bien, depuis quelques mois les envahisseurs sont parmi nous, en les personnes de Jean-louis Borloo et Valérie Létard, respectivement ministre de l’Écologie et secrétaire d’État au Développement durable, qui nous promettent le monde merveilleux et enchanteur de l’emploi vert.

Après à peine deux mois de réflexions et d’échanges, la solution est sortie du chapeau le 28 janvier, au CNIT à la Défense, lors de la première conférence nationale sur les métiers de la croissante verte. Invité à une table ronde, j’ai pu faire valoir les positions et analyses de la Confédération sur cette question. Première question posée, les emplois verts vont-ils créer de l’emploi? La réponse du gouvernement, en forme de méthode Coué, est évidemment oui, près de 600 000. Notre réponse est: on ne sait pas trop! D’une part, parce que les études sont basées sur des hypothèses de travail extrêmement différentes, parfois à l’horizon 2020. D’autre part, parce que les conditions pour atteindre ces créations d’emplois dépendent parfois de paramètres que la France ne peut maîtriser. Un simple exemple: les variations du prix du pétrole, entre 100 et 200 dollars dans les hypothèses formulées, auraient des effets complètement différents sur de possibles créations d’emplois dans les énergies alternatives.

Deuxième question posée: quel type d’emploi? Le clou de la matinée a été l’affirmation, la main sur le cœur, d’un président d’un comité de filière que les salariés devaient avoir une vision «enchanteresse» de la croissance verte car ils allaient participer par leur emploi à la sauvegarde de la planète! Peu importe les conditions de salaires et de travail, car il en va du bien de la planète mère! Ce discours, qui fait froid dans le dos, est révélateur de la vision, qu’ont certaines sphères dirigeantes, de la question de l’emploi et de la confrontation sociale.

Création d’emplois issue du Grenelle de l’environnement ou, plus sûrement, «verdissement» d’un emploi existant (par exemple, le chauffagiste qui devra maîtriser également la pose et l’entretien de chauffage à condensation), la question sociale doit être au centre des débats: c’est bien sur la notion d’emploi, dans un sens large (conditions de travail, salaire, évolution de carrière), que les organisations syndicales doivent se positionner et revendiquer dans les branches et les entreprises. C’est donc bien en définitive, toujours et encore, la question de la répartition des richesses qui est posée par le débat sur la croissance verte.

Alors, peu importe que nous devenions verts, rouges ou jaunes, les défis et les combats restent les mêmes pour le mouvement syndical en se rappelant ce que nous disait Jaurès: «Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots.»

Activité syndicale du 02/02/2010