Le président de France Telecom, Thierry Breton, a été nommé vendredi dernier ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie en remplacement d'Hervé Gaymard qui a dû démissionner après la polémique sur ses affaires immobilières. «Ce qui nous pose problème, c'est qu'on a un ministre qui part au bout de deux mois et demi. On a un contexte un peu difficile, un climat social tendu, des réformes en cours, et des ministres qui se succèdent», déplore Dominique Combe (FO Finances). Vincent Drezet (SNUI-FDSU) indique que «c'est le septième ministre en six ans», ce qui «pose un problème quand on veut avoir une politique suivie». La politique économique du nouveau ministre devrait être sensiblement la même que ses prédécesseurs. Ainsi s’était-il réjoui récemment de la réforme du temps de travail 35 heures, estimant qu’il «faut remettre la valeur du travail au goût du jour. Les 35 heures l'ont cassée». À France Télécom, on se souvient surtout des restructurations à marche forcée. «Thierry Breton a supprimé plus de 27.000 emplois, ce qui s'est traduit par des réorganisations en cascade et une augmentation sans précédent des pressions sur le personnel», affirme SUD-PTT. Ce qui fait dire à la CFDT–Postes et Télécommunications que «les salariés en France et à l'étranger paient un fort tribut (…) malmenés par une direction de "sang froid" uniquement préoccupée par les résultats financiers et les réactions du marché, amenant ainsi l'entreprise au bord d'une crise sociale et identitaire sans précédent». Car, pour M. Breton, France Télécom «est surtout une belle machine à cash», qui a permis d’afficher 2,8 milliards d'euros de résultat net pour 2004 et de distribuer 1,18 milliard de dividendes.