Du 22 au 26 février 2010 (semaine 8) à l’Institut des Sciences Sociales du Travail (ISST) de Bourg-la-Reine.
Si l’on en croit certains responsables politiques et bon nombre de commentateurs patentés, la crise économique serait derrière nous. Pourtant, la faillite retentissante de la banque Lehman Brothers, point d’orgue de la crise financière consécutive à l’explosion de la bulle des « subprimes », date de septembre 2008, soit il y a un peu plus d’un an. Le spectre d’une crise majeure comparable à la crise des années 30 apparaissait alors comme un scénario tout à fait plausible.
Grace à une mobilisation sans précédent de fonds publics par les Etats, le système bancaire a échappé de justesse à une déflagration généralisée. Les différents représentants gouvernementaux ont multiplié les discours d’une grande fermeté, rivalisant d’indignation face aux dérives du capitalisme financier et ils n’avaient pas de mots assez durs pour dénoncer l’amoralité des bonus faramineux versés aux traders.
La feuille de route était donc toute tracée et les objectifs clairement définis : remettre au pas la finance déréglementée en la replaçant au service de la production et du développement économique ; restaurer un contrôle sur les opérateurs des marchés financiers en renforçant la régulation et la coopération internationale (lutte contre les paradis fiscaux) ; enfin, ambition suprême, moraliser le capitalisme.
Le G20 de Pittsburgh de septembre s’est conclu sur une belle série de déclarations d’intentions et un plan d’action non contraignant dont la mise en œuvre est confiée au bon vouloir des Etats nationaux. Et maintenant qu’on entrevoit le retour, très modeste, de la croissance, éloignant pour l’instant l’hypothèse d’une récession prolongée, le système économique semble reparti sur les mêmes bases.
Or, ne pas traiter les causes structurelles de cette crise, c’est nourrir les conditions de déclenchement de la prochaine crise, sous des formes renouvelées ; signe de cette inertie, les banques présentent déjà des résultats mirobolants alors qu’elles étaient annoncées en perdition il y a quelques mois. Par ailleurs en France, l’auto-satisfecit présidentiel et gouvernemental sur « la plus petite récession en Europe » qui caractérise l’économie française fait peu de cas des nombreux dégâts sociaux à l’œuvre, en particulier en matière d’emploi.
La crise économique mondiale dite des « subprimes » n’est pas une réaction spontanée. Elle résulte des vagues successives de libéralisation et de déréglementation, à l’origine d’une série de déséquilibres dont la crise financière, certes d’une ampleur exceptionnelle, n’est que la dernière manifestation en date d’une longue liste de désordres financiers.
Pour mieux comprendre la crise, le Secteur Economique de la Confédération a proposé une première session de formation en juin dernier. Suite au succès de ce module et aux demandes formulées, nous organisons une nouvelle session qui se déroulera du 22 au 26 février 2010 (semaine 8) à l’Institut des Sciences Sociales du Travail (ISST) de Bourg-la-Reine.
Cette session sera consacrée au décryptage de la crise actuelle avec une analyse économique des phénomènes en jeu (racines de la crise financière, financiarisation de l’économie, évolution et faillite de la régulation financière,…) et également un examen des aspects légaux et juridiques des solutions proposées (approche comparative des politiques de la concurrence et de leur articulation avec le droit social, réglementation versus régulation, stratégies industrielles et politiques publiques,…) sans oublier l’analyse des plans de relance, les effets de la crise sur l’emploi et les finances publiques.
Dans la mesure où ce stage fera intervenir des universitaires et des chercheurs, il nécessite un minimum de connaissances économiques et s’adresse en priorité aux militants ayant suivi les formations économiques de l’organisation ou disposant de ressources et connaissances personnelles ou professionnelles sur le sujet.
Vous trouverez en fichier joint une fiche d’inscription que vous pouvez adresser directement au Secteur Economique de la Confédération (141 avenue du Maine, 75 680 Paris Cedex 14).