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///  SECTEUR COMMUNICATION - BIT - LUNDI 11 JANVIER 2010

Réaction au sondage exclusif Ifop pour le Journal du Dimanche

> INTERVIEW DE JEAN-CLAUDE MAILLY

Le Journal du Dimanche daté du 10 janvier 2010

Je note une forte inquiétude pour l’avenir et une nette insatisfaction quant aux précédentes réformes. Si la réforme du gouvernement consiste à vouloir afficher à tout prix une baisse du déficit de la France aux yeux de l’Europe, nous risquons de connaître une période de tensions. Pour nous, le problème est surtout celui du financement et Force ouvrière va mettre l’accent sur ce point. Il faut sortir du dogme qui interdit d’augmenter les impôts et les cotisations. Le président de la République se félicite que notre système social ait amorti la crise, alors donnons à ce système les moyens de perdurer de manière équitable. Le sondage indique que 41% des Français seraient prêts à cotiser davantage. De nombreuses pistes doivent être utilisées. Par exemple, le Fonds de solidarité vieillesse, qui couvre les périodes de chômage et de maladie, recevait autrefois 1,3 point de CSG. Il n’a plus que 0,8 point. Le Fonds de réserve pour les retraites n’est plus alimenté. Et, chaque année, l’Etat fait défaut à la caisse de retraite de la Sécurité sociale pour 1 milliard d’euros. Des solutions existent.

Quant à l’âge du départ à la retraite, les Français disent qu’ils seront contraints de devoir partir plus tard car la pression a été mise sur la durée de cotisation.

On constate que les retraités font déjà valoir leurs droits auprès du régime à 61 ans et demi en moyenne! Cette contrainte est une réalité pour les plus jeunes qui commencent à travailler en moyenne à 21 ans. Pour faire valoir leurs droits, ils devraient donc partir à 62 ans. J’y vois une grande source d’inquiétude, certains finissants par se demander s’ils toucheront vraiment quelque chose.

Nicolas Prissette - Le Journal du Dimanche