< Précédent
mardi 25 avril 2006
Suivant >

Questions de bon sens
Qui a la fièvre au mois de mai, le reste de l'an est sain et gai!
Article de Gérard Mazuir, Secrétaire confédéral, paru dans FO Hebdo n°2755

Il n’y a vraisemblablement que quatre manières de fêter le 1er Mai, fête internationale de revendications et de solidarité.

La première relève de la poésie «en mai, fais ce qu’il te plaît». L’approche du printemps nous permet de croire à l’illusion éternelle de la remise en cause de chacun et de chacune d’entre nous.

Les Romains célébraient déjà Floralia par des cortèges fleuris et des défilés de liesse en tout genre. Floralia, c’était unir dans un même culte deux déesses: Flora, celle de la puissance végétative et Maïa, celle de la fécondité. Cette dernière étant sûrement à l’origine du mois de mai selon le calendrier grégorien, et je dirai avec une certaine liberté, elle peut être l’abeille ouvrière. Évoquer les floralies de mai, c’est aussi faire appel à la symbolique des fleurs: l’églantine et le coquelicot rouge, comme le sang de ceux d’entre les travailleurs qui ont payé de leur vie les 1er Mai sanglants; les œillets blancs ou les clochettes de muguet sont bien plus bourgeois sans pour autant être moins symboliques.

La deuxième façon, réellement historique, est le souvenir à la mémoire des travailleurs morts pour les générations futures pour avoir revendiqué la journée de huit heures de travail à la fin du XIXe siècle, à Chicago ou à Fourmies.

La troisième reste d’analyser le pourquoi et le comment de la récupération par des politiques dictatoriales du 1er Mai pour en faire des parades militaires ou paramilitaires sous les régimes staliniens, ou encore une fête du travail corporatiste, de Hitler à Pétain: «Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front.» Le quatrième moyen, plus insidieux, reste de savoir si le syndicalisme dit rassemblé, partagé, unitaire à souhait, doit, sur les cendres du CPE, faire du défilé traditionnel du 1er Mai la démonstration d’un syndicat unique. Ce syndicalisme-là symbolisera toujours le chant de l’Ave Maria entonné par les chœurs de l’armée rouge, jusqu’à preuve du contraire.

Seule l’indépendance syndicale vraie de la Confédération Générale du Travail – Force Ouvrière à l’égard des partis politiques, des Églises et des sectes permettra aux salariés de définir leurs propres revendications, valant pour les travailleurs de tous les pays solidairement: un vrai contrat, un vrai salaire, un vrai statut contre la généralisation de la précarité.

Avec FO, une victoire en appelle d’autres, selon l’adage «qui a la fièvre au mois de mai, le reste de l’an est sain et gai»…




 
 
Envoyer cet article à un correspondant
Imprimer cet article
 
Recherche dans
Secteurs